Imola 2004 sera le dernier Grand-Prix d’une grande tradition de la république de Saint Marin, qui accueillait une manche du championnat du monde de Formule 1 depuis 1981, épreuve que Nelson Piquet avait remporté.
Baptisé circuit Dino Ferrari pour s’attirer les faveurs du Commendatore qui avait boudé le tracé dans les années 60 lorsque la F1 s’y était produite en marge du championnat, puis Enzo e Dino Ferrari à la mort du grand homme en 1988, le circuit était sur la sellette depuis plusieurs années.
Imola connu de grandes émotions au cours de sa carrière dans le championnat du monde de Formule 1. Promu Grand-Prix d’Italie en 1980, Monza étant tombé en disgrâce à la suite de l’accident ayant coûté la vie à Ronnie Peterson, Imola fut le théâtre du divorce entre Didier Pironi et Gilles Villeneuve en 1982 et de la victoire hautement symbolique et bouleversante de Patrick Tambay un an plus tard.
Autre divorce à la fin des années 80, Senna rompt le pacte de non agression au premier freinage qu’il avait lui-même suggéré à son coéquipier Alain Prost.
Mais ce sont les accidents effroyables de Nelson Piquet et Gerhard Berger, en 1987 et 1989, qui vont tirer la sonnette d’alarme les premiers, avant que le week-end noir du 1er Mai 1994 ne scelle le sort du tracé dans l’esprit des gens.
Les pilotes ressentaient une douleur en revenant sur un circuit meurtrier qui avait emporté deux des leurs.
Dans sa quête de jeter certaines épreuves européennes dans les oubliettes du championnat F1, Bernie Ecclestone s’intéresse depuis fort longtemps au cas Imola, dont l’arrêt de mort est programmé dès cette année. La capitale des tifosi n’accueillera plus la F1 au-delà de 2004.
« Imola est dans sa dernière édition ; il ne fera pas partie du calendrier en 2005 » a annoncé le président de la FOM à la Gazzetta dello Sport. « L’Italie n’aura donc plus qu’une course » renchérit Ecclestone avec la plus grande mauvaise foi, San Marino étant un état indépendant d’Europe depuis le XIIIè siècle, enclavé en Italie, mais possédant son propre gouvernement, le Grand Conseil.
Adieu Rivazza, acque minerali et Rivazza.
Si ce genre de faux prétexte est pris au pied de la lettre, caressant dans le sens du poil certaines écuries et permettant à Bernie Ecclestone de viser d’autres marchés extra-européens, une autre enclave européenne, pourtant prestigieuse, pourrait se faire du soucis… alors que paradoxalement l’Allemagne peut dormir sur ses deux oreilles et ses deux circuits, Hockenheim et le Nürburgring…