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31 Janvier - 10:47
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Interview Bottas : Une tête bien faite et bien pleine

Nouveau pilote de réserve de Williams, Valtteri Bottas est le fer de lance de la relève Finlandaise en sport automobile pratiqué sur circuit. Managé par son ancienne idole, Mika Häkkinen, Bottas s’est adjugé le titre honorifique de meilleur débutant des F3 Euro Series en 2009 et a assorti sa campagne d’une brillante victoire aux Masters de Zandvoort. Valtteri aura un seul objectif en 2010 : le titre de la spécialité, afin de grimper les échelons Williams et d’être prêt à remplacer Rubens Barrichello à l’horizon 2012.

 

Comment avez-vous débuté votre carrière ?

J’ai débuté à l’âge de 5 ans lorsque j’ai piloté un kart pour la 1ère fois à Lathi en Finlande sur une piste voisine. Nous étions aux environ de la ville de Lathi l’été précédent, avec mon père, et nous avions vu une publicité pour une course de karting et nous avons décidé de nous y rendre. Nous avons passé la journée à regarder les courses et lorsqu’elles étaient finies j’ai dit à mon Père que je voulais vraiment tenter ma chance. Malheureusement, j’étais un peu trop petit pour atteindre les pédales et mon Père m’a donc fait patienter une année supplémentaire. Mais il a tenu sa promesse. L’année suivante j’étais accro dès le premier run ! A partir de cet instant j’ai pourri la vie de mon père chaque jour pour retourner faire du karting. Je ne voulais rien faire d’autre. D’une certaine façon, c’était un hasard qu’on aille au circuit ce jour-là et je n’avais aucune connexion familiale avec la course. Mon Père se rappelle que le seul moment où je me suis assis et suis resté calme c’était pour regarder ma 1ère course. J’étais complètement hypnotisé par ce qui se passait en piste !

 

Avec un tel engagement dans la course à un âge aussi précoce, êtes-vous passé à côté d’autres choses pendant votre jeunesse ?

Oui, c’était un sacrifice par certains côtés, mais c’était peut-être encore plus le cas du point de vue de mes parents car c’était la seule chose que je voulais faire. Il faut savoir se fixer des priorités !

 

C’est une question classique mais d’après votre expérience, pourquoi la Finlande possède-t-elle autant de pilote de classe mondiale en rallye comme sur circuit ?

Ça doit être relié à la mentalité. Elle est dictée par des hivers rigoureux et les conditions difficiles pour circuler. Il faut donc un engagement personnel pour piloter, vous ne pouvez pas vous contenter de le faire par automatisme. Ça développe des facultés naturelles pour contrôler l’auto ; peut-être que tout part de là.

 

Quel est le symbole du pilote Finlandais selon vous ?

Je suppose que c’est Mika Häkkinen. Il est celui qui a obtenu de grands résultats lorsque j’étais enfant et j’étais donc un grand fan de lui. C’est incroyable mais aujourd’hui Mika est impliqué dans le management de ma carrière avec Didier Coton et Toto Wolff. Depuis Mika, la Finlande a produit beaucoup d’autres stars comme Räikkönen et Kovalainen.

 

En dehors de la course, en quoi votre pays se démarque-t-il ?

Nous excellons dans beaucoup de sports d’hiver. Lorsque j’étais occupé sur la piste de karting, mes amis à l’école pratiquaient les sports traditionnels et pour la même raison [que celle évoquée précédemment] nous nous débrouillons bien dans ces disciplines. Même si nous sommes peu nombreux et que le pays est immense, il est surprenant que notre industrie ait une telle présence sur la scène internationale – des entreprises Mihuri Kemppi et Nokia sont très présentes.

 

Quels sont vos premiers souvenirs d’une course suivie à la télévision ?

J’ai commencé à sérieusement regarder la TV lorsque Mika courrait pour McLaren. On ne peut pas oublier la livrée mythique rouge et blanche des voitures à cette époque. Les souvenirs restent gravées dans la mémoire bien sûr, comme son terrible accident de 1995, mais la plupart sont des souvenirs heureux ! Je n’ai jamais assisté à une course à cette époque malheureusement, mais du fait de mon emploi du temps chargé en course automobile je n’ai pas encore comblé cette lacune. J’espère que ça changera bientôt !

 

Quand avez-vous connu Williams ?

Si vous suivez la F1, il vous est impossible de passer à côté de Williams car elle a eu tellement de succès et de pilotes remarquables. Je la connais donc depuis toujours.

 

Après avoir rendu visite à Williams, quelles sont vois premières impressions de l’écurie ?

J’ai été très impressionné. Les infrastructures sont étonnantes, l’endroit est immaculé et le niveau d’activité – notamment avec la construction de la nouvelle voiture – donne un véritable sentiment de dynamisme. Au niveau humain, l’endroit est amical, j’imagine que c’est parce que tout le monde est concentré sur le même projet.

 

Quels sont vos projets pour cette année ?

Je cours en F3 Euro Series avec ART Grand Prix et je défendrai mon titre aux Masters. Le GP de Macao fait également partie de mes plans. Je passerai également autant de temps que possible à l’usine pour travailler dans toutes les directions : du simulateur aux différents départements de l’entreprise. De cette manière, j’aurai une vision de tous les aspects et processus de la conception et de la construction de la voiture. Je serai chez Williams tous les jours sauf lorsque je courrai. Le programme étant intense, j’ai décidé de déménager à Oxford.

 

Quel est l’aspect positif d’un déménagement en Grande-Bretagne ?

Il est plus facile de voyager pour aller sur les courses F3 et, plus important, ça signifie que je suis connecté à Williams. Je n’ai aucune idée de ce que qui me manquera de chez moi, en Finlande, en dehors de mes amis et de ma famille bien sûr.

 

Quand pensez-vous mettre la main sur le volant d’une F1 pour la 1ère fois ?

Et bien, ce sera dans le simulateur ! Mais à part ça, il y a un programme d’essais réservés aux jeunes pilotes et qui sait, j’aurai peut-être une autre opportunité, on verra bien.

 

Qu’attendez-vous de la saison F3 cette saison ?

J’étais le meilleur rookie l’année dernière, et 3è au général. Cette année je dois donc viser le titre. Il est également très important pour moi de conserver mon titre aux Masters. Ça me permettrait de conserver la dynamique que j’ai bâtie jusqu’à présent pendant ma carrière.

 

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