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25 Oct - 10:50
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Interview comparaison GP2/F1 avec McNish et Montagny
L’ex-pilote de Formule Un Toyota et Renault, Allan McNish, a fait un sans faute au volant de la GP2 sur le circuit Paul Ricard du 4 au 8 Octobre dernier. Son travail a consisté notamment à tester les pneus Bridgestone, et l’Ecossais a passé le plus clair des séances d’essais à essayer pour la première fois de pousser la GP au maximum de ses possibilités sur une piste mouillée. Le travail effectué durant cinq jours a permis aux ingénieurs du GP2 et de Bridgestone de décider du set-up de base dans des conditions humides et du type de pneu à utiliser pour la série avec de tels paramètres. Quant au Français, originellement en charge du développement de la série GP2, Franck Montagny, il reprendra du service sur le circuit de Catalunya, à Barcelone, les 1er et 2 Novembre. Allan, vous avez fait vos premiers essais en GP2 la semaine dernière. Vous avez réalisé 102 tours le dernier jour et vous avez donc établi un nouveau record de tours pour une voiture GP2 au Paul Ricard. Quelles sont vos premières impressions ? La chose qui m’a agréablement surpris, ce sont les similitudes qu’il peut y avoir entre les GP2 et les monoplaces de Formule Un. Même si la GP2 n’a pas autant d’appuis aérodynamiques, de grip ou de puissance, au niveau de son potentiel, c’est une voiture de Formule Un, seulement un peu plus petite. De ce point de vue, cela donne de bonnes sensations et permet de comprendre ce que ressentiront les pilotes qui passeront de la GP2 à la F1. Etait-ce bizarre pour vous de remonter dans une monoplace ? Non, pas vraiment. La plupart des voitures de sport se pilote comme une monoplace. La seule grande différence réside dans le fait que cela pèse 300 kilos de plus et qu’il y a des pneus lisses. Cela demande un peu de temps pour se réadapter à des pneus rainurés mais je dois dire que la mémoire m’est revenue. Vous vous êtes donc fait plaisir ? Oh oui, notamment le vendredi où nous avons effectué 102 tours. Je m’étais vraiment habitué à la voiture et je me suis vraiment fait plaisir. Même si la voiture n’a pas d’anti-patinage, elle est très maniable. Vous avez une puissance de 600 chevaux à faire passer au sol via les pneus. Vous devez donc travailler sur l’accélération et être doux et constant. Le truc super, c’est que si vous sous-virez dans un virage à 160-180 km/h, vous devez juste pousser un peu dans le sens inverse, garder votre pied au plancher et continuer. C’est plus pour le fun que pour le temps au tour. Mais c’est vraiment sympa ! Y a-t-il beaucoup de choses à modifier et quelles différences ces changements pourraient faire ? Il y a pas mal de choses que vous pouvez changer. Toutefois, il y a quand même quelques restrictions. Par exemple, vous pouvez ajuster les amortisseurs mais vous ne pouvez pas en changer la fabrication. Ce sont des choses comme celle là qui permettent au pilote de sentir à quoi servent certaines pièces de sa voiture, sans pour autant voir grimper les coûts. Du point de vue du pilote, le point qui m’a le plus intéressé concerne l’effet de sol créé par le fond plat. Cela fait une grande différence - car les appuis proviennent du fond plat même et non des ailerons. J’ai trouvé que l’ajustement des ailerons n’a pas eu le même effet massif que ce à quoi je m’attendais à l’origine. Mais c’est génial car en théorie, les pilotes pourront se positionner juste derrière une autre voiture dans un virage sans perdre d’adhérence. Quelle est la puissance du moteur et combien de couple moteur disposez-vous ? Le couple moteur est vraiment mieux que celui que vous trouvez en F1. Nous avons eu du travail pour le rendre plus doux car il était un peu dur et un peu agressif mais comme la voiture a un accélérateur fly by wire, nous avons pu le faire relativement facilement avec un peu de travail sur la cartographie. Nous nous sommes débrouillés pour rendre la voiture facile à piloter tout en gardant un peu de challenge, pour que les gars aient quand même un peu de boulot !. Franck, pour en venir à vous, qu’est-ce que cela fait de retourner derrière le volant d’une F1 ? Y a-t-il beaucoup de différences avec la voiture GP2 ? Il y a d’une certaine manière une grande différence, principalement en terme de grip parce qu’en F1, nous utilisons de nombreux composés différents pour les pneus afin de nous adapter au plus près au type de circuit ou à la météo. Mais j'ai vraiment été étonné de voir les similitudes qu’il peut y avoir entre la voiture GP2 et la F1. Les forces G dans les courbes rapides sont plus importantes en F1, mais dans une GP2, les virages à vitesse moyenne ou lente ainsi que le freinage, sont vraiment semblables. Que pensez-vous de la voiture d’un point de vue technologique ? La série GP2 est beaucoup plus physique car vous n’avez pas de direction assistée ni d’anti-patinage, mais je pense que, globalement, cela devrait être très proche des voitures de Formule Un de l’an prochain. Avec les règlements 2005, les voitures de Formule Un 2005 seront un peu plus lentes et auront moins de grip. La série GP2 sera très similaire. Que pensez-vous que les séries pourront apprendre aux jeunes pilotes ? Franck Montagny : C’est vraiment une bonne base. Bien sûr, la Formule Un est un cran au dessus. Comme je l’ai dit, avec les nouveautés aérodynamiques et technologiques de la F1 l’année prochaine, les deux séries seront vraiment très proches. Les voitures de F1 ne seront pas aussi parfaites qu’elles l’ont été. Les pilotes devront se battre encore plus avec les voitures. La série GP2 leur permettra d’apprendre ce dont ils ont besoin de savoir pour la F1. Allan McNish : Les séries GP2 donnent des informations importantes et une idée de la vitesse et de la technologie utilisées en Formule Un. De ce point de vue, je crois que c’est un grand, grand pas en avant. Quand vous grimpez au volant d’une F1 pour la première fois, il faut apprendre à utiliser les freins en carbone car vous freinez dans un virage et tout d’un coup, vous vous retrouvez à faire face à 5 G. Vous n’avez jamais connu cela avant. Ensuite, vous vous retrouvez dans le virage et vous devez vous adapter à la réaction des pneus,et vous n’avez jamais pratiqué cela auparavant non plus. La série GP2 donnera aux pilotes un feeling contrôlé mais très fort de ce à quoi ils seront confrontés. Ils devront travailler avec leurs ingénieurs, ça c’est sûr. Ils devront penser au set-up et aux stratégies de course. La F1 moderne ne consiste pas uniquement à franchir la ligne de départ et d’arrivée. C’est une succession d’accélérations courtes au cours desquelles vous devez vous adapter aux changements de conditions du circuit et voir comment vos pneus et le set-up réagissent à ces changements. Vous devez donc aussi réfléchir. La série GP2 donnera aux pilotes une habileté de conduite différente de celle à laquelle ils ont été habitués, un pilotage plus intelligent.
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