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Avec le retour du Fuji Speedway au calendrier pour la 1ère fois depuis 30 ans, comment l’équipe s’est-elle préparée à ce nouveau circuit ?
Tout d’abord nous disposons d’un dossier informatique sur le circuit et ses caractéristiques (CAD, Computer Aided Design). Nous pouvons donc effectuer quelques simulations avec nos propres logiciels et avoir une 1ère impression de ce à quoi ressemble ce cicuit. Nous sommes capables de simuler tous les aspects des réglages de la voiture et de visualiser le résultat de modifications apportées au set-up. Notre logiciel calcule en effet les temps au tour et montre quels sont les différents niveaux d’appuis et les options qui s’offrent à nous. En utilisant ces simulations nous avons pu définir le meilleur set-up de base pour ce nouveau circuit et nous y arrivons donc bien préparés.
Quels domaines êtes-vous capables de simuler ?
On commence par déterminer le niveau d’appuis qui permet de faire le meilleur temps sur un nouveau circuit. Ensuite on passe à l’étagement de la boîte de vitesses avec ce niveau d’appuis puis on teste différents set-up. Plus le week-end se rapproche et plus on effectue de simulations de course afin de prévoir la meilleur stratégie de course. Cette prévision tient compte des caractéristiques de la piste telle que la dégradation des pneus Bridgestone ou l’impact de la quantité de carburant dans la performance sur un tour. Si vous avez plus d’essence à bord votre temps au tour en souffre bien entendu, mais nous pouvons prévoir très précisément quelle sera la perte par kg de carburant supplémentaire.
Le Fuji Speedway nécessite-t-il un réglage inhabituel, notamment à cause de sa longue ligne droite ?
Elle est exceptionnellement longue, 1.475km, mais le reste du circuit est assez tortueux et il faut donc trouver un compromis pour les réglages aérodynamiques et mécaniques. Certains virages sont très lents et nécessitent un bon grip mécanique. Vous recherchez une bonne adhérence d’une manière générale mais il faut équilibrer les choses avec la longue ligne droite où vous devez avoir peu d’appuis et peu de traînée afin d’avoir une vitesse de pointe.
Est-il plus difficile de prévoir la bonne stratégie lorsque l’équipe n’a pas couru sur une piste auparavant ?
Un peu plus oui, car il y a toujours quelques incertitudes par rapport à une piste dont nous avons répertorié toutes les caractéristiques dans une banque de données. Il est un peu plus difficile de prévoir le comportement des pneus si vous ne disposez pas de données. Le paramètre qui vous intéresse le plus est le niveau d’usure des pneus lors des longs relais et l’effet qu’elle a sur la performance. De plus, sans avoir jamais roulé sur une piste, vous ne pouvez qu’estimer le temps perdu pendant un pit stop ; ce paramètre peut faire une différence au moment de choisir votre stratégie. Cela étant dit, je suis confiant, je pense que nos prévisions seront proches des caractéristiques que nous trouverons lorsque nous roulerons sur le Fuji Speedway.
Dans quelle mesure ces prévisions sont-t-elles précises ?
Je pense que nous sommes très précis, mais il est difficile de d’être certain car tout dépend de ce qu’il se passe en course. Beaucoup d’incidents peuvent arriver, qui ont un impact positif ou négatif sur votre stratégie. Si vous prenez un bon départ ou si vous avez une voiture qui vous permet de ne pas être englué dans le trafic vous gagnez beaucoup de temps et le résultat final s’en ressent, le cas inverse vous fait perdre beaucoup de temps et compromet votre stratégie. Si votre course se passe sans encombre vous avez une bonne idée de la précision de vos simulations.
Est-ce qu’observer la piste suffit à en apprendre sur les nécessités des réglages ?
Un petit peu oui. Nous disposons de la plupart des informations mais lorsque nous devons courir sur une piste pour la 1ère fois nous en faisons le tour à pied et étudions des paramètres tels que les vibreurs, le dévers des virages. Nous avons une bonne idée de ce à quoi nous attendre mais il est utile de voir la piste de vos propres yeux afin d’en avoir une meilleur compréhension. Bien avant la course, toutes les équipes se procurent une carte qui donne tous les détails sur les virages ; vous avez ainsi l’altitude et la topographie du terrain.
Adoptez-vous des réglages qui s’inscrivent dans une fenêtre plus large par rapport à un circuit que vous connaissez déjà bien ?
Pas vraiment car nous abordons chaque course avec toutes les options ; nous avons ainsi tout à disposition. Il est cependant vrai que l’on peut faire un plus grand pas en avant lorsque l’on évalue le set-up des essais libres et qu’on l’adapte aux exigences de la piste.
Source : Toyota |