Après avoir quitté l’équipe Renault trois courses avant la fin de la saison 2004, Jarno Trulli a pris très rapidement place à bord de son nouveau cockpit aux couleurs de sa nouvelle écurie, Toyota. Il a même participé aux deux derniers rounds de l’année afin de se familiariser avec sa monoplace et de défendre les intérêts du géant nippon de l’automobile. Il a d'ailleurs à l’occasion signé la meilleure performance en qualification de l’équipe.
Le jeune Italien nous fait partager ses impressions sur l’épreuve finale de la saison qui s’est tenue sur le circuit d’Interlagos au Brésil, ce qu'il pense du championnat 2004 et son point de vue sur le nouveau système de qualification prévu l’an prochain.
Jarno, qu’avez-vous pensé du GP du Brésil, votre deuxième course pour Toyota ?
J'étais persuadé que nous pourrions passer un meilleur week-end au Brésil après mes débuts avec Toyota à Suzuka. Le Grand Prix du Japon fut un week-end où j’ai beaucoup appris concernant ma nouvelle équipe et la TF104B. Au Brésil, nous avons pu faire beaucoup plus de tours lors des essais libres ce qui nous a permis de bien régler la voiture.
Quelles sont vos impressions sur la TF104B de Toyota à Interlagos ?
Mes impressions à bord de la TF104B ont été très bonnes dès le début. Nous avons eu un week-end réussi où nous avons bien travaillé sur la voiture, en termes d'équilibre, de réglages, de maniabilité et de choix de gomme. Je me suis qualifié dans le Top 10 pour la deuxième fois consécutive, mais le plus encourageant lors des séances du vendredi et du samedi, c’est que nous avons été constants sur de longs runs. Cela m’a donné confiance pour la course mais nous aurions préféré que la pluie ne soit pas de la partie.
Est-ce que les conditions de course mixtes ont été difficiles pour vous ?
Les conditions atmosphériques ‘mixtes’ ont été difficiles pour nous. Je sais que c'est pareil pour tout le monde, mais ce n'était ni entièrement mouillé, ni entièrement sec et je n'avais aucune expérience de la voiture dans ces conditions. J’étais bien dans les premiers tours, puisque je suis arrivé à être en sixième place mais j’ai connu des moments difficiles en pneus secs alors que le circuit était encore humide. Quand la piste a été sèche, j’ai été plus compétitif mais cela n'a pas été suffisant pour marquer des points et je n'ai pas pu faire mieux que 12ème .
De manière générale, comment avez-vous vécu le passage chez Toyota ?
Pour être honnête, je pense que je suis content de la manière dont s’est déroulée cette transition. Il y a évidemment quelques petites choses à améliorer en vue de l’année prochaine, mais, d’une manière générale, l’équipe m’a très bien accueilli et je crois qu’il y a un énorme potentiel pour les années à venir.
Quelle différence y a-t-il entre les performances au Japon et au Brésil ?
Lors des deux courses que j’ai disputées cette année pour Toyota, j'ai eu deux très bons résultats en qualification ce qui m'a permis à chaque fois de finir dans les dix premiers. Au Brésil, c’était difficile, je pense que je ne pouvais pas tirer plus de la voiture, et j'en étais satisfait. Nous avons également été plus compétitifs à Interlagos qu’à Suzuka au niveau de la vitesse en course.
Un limogeage scandaleux de chez Renault
Avec Toyota, Jarno voit rouge
Quelles parties doivent être améliorées ?
J'ai noté qu'il y avait un taux d’usure assez élevé, en particulier au niveau de l’arrière de la voiture et un manque général d’adhérence mais c'est quelque chose dont la voiture a souffert toute la saison. Malheureusement, ce n'est pas un problème qui peut être résolu en une nuit. Il y a beaucoup de travail à faire dans la soufflerie afin que la voiture ait plus d’appuis aérodynamiques. Quand nous aurons cela, la voiture glissera moins, usera moins les gommes et conservera les pneus à une température moins élevée. Plus de motricité nous aiderait pas mal.
Avez-vous un programme de tests très chargé cet hiver ?
Cet hiver, nous ferons autant de tests que possible pour préparer 2005. Je ne sais pas pour le moment ce que nous ferons comme tests mais nous serons certainement très occupés ! Le premier test se déroulera fin novembre à Barcelone, probablement avec Ralf Schumacher.
Concernant la saison 2004, qu’en avez-vous pensé ?
Si j’y repense, je pense qu’elle a été positive. Ca a été une année où j’ai quand même réalisé mon rêve et remporté mon premier Grand-Prix. Et le fait que je l’ai obtenu en partant de la pole position, à Monte Carlo, l’a rendu encore plus spéciale. J’ai eu aussi ma pole position à Spa et j’ai ensuite eu la chance de rejoindre Toyota et d’être rapide et compétitif. Je n’aurais pas pu avoir une meilleure saison mais j’espère bien que des choses encore meilleures se dérouleront avec Toyota.
Avez-vous eu la chance d’avoir un aperçu de la nouvelle réglementation concernant les qualifications pour 2005 ?
J'ai entendu dire que nous ferions un seul tour le Samedi avec peu de carburant, puis un tour le Dimanche matin avec des niveaux de carburant différents, le tout avec addition des temps . Je n’y ai encore pas sérieusement pensé. Nous devrons nous adapter et ce sera plus prévisible que maintenant, je pense, car le premier jour tout le monde roulera avec peu de carburant et nous pourrons voir le réel potentiel de toutes les combinaisons voitures/pilotes. Le deuxième jour, nous ne changerons pas trop de paramètres car si vous roulez avec beaucoup de carburant, vous vous qualifiez trop loin.
Vous êtes réputé pour être bon en qualifications. Appréhendez-vous le nouveau système de qualifications de la même manière ?
J’aborderai le nouveau format de qualification de la même manière. Comme pilote, nous pensons à ne pas faire d’erreur. Nous nous en rendons évidement compte en préqualifications, car on ne prend pas de risque pour ne pas endommager la voiture avant la séance de qualifications. Mais l’année prochaine, ce sera différent. Nous devrons attaquer comme des dingues lors des deux sessions. J’ai hâte d’y être.