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Le week-end dernier
sur le circuit du Nürburgring, le championnat F3 Euro Séries 2008 basculait
dans sa deuxième moitié. Jules Bianchi en a profité pour basculer à son
tour : deux podiums, une remontée dans le top 5 du classement général et
des ambitions de titre qui reprennent vie !
Jules, 3 podiums
lors des 4 dernières courses, après les petits soucis du début de saison vous
semblez avoir trouvé les bonnes marques dans le championnat F3 Euro Series… C’est clair, la F3 Euro Series est totalement différente
de la Formule Renault et il a fallu que je prenne mes marques dans ce
championnat où j’avais tout à apprendre. Mais je me sens bien dans l’écurie,
dans la voiture et dans le championnat.
On vous a vu tenter
des dépassements très osés comme à Pau, être toujours très rapide mais aller
parfois au-delà de la limite. Est-ce que le secret de la réussite passe d’abord
par un tempérament de feu à calmer ? Oui, tout à fait. Je voulais en faire trop en début de
saison. Je ne pensais qu’à gagner et quand il me semblait que je n’étais pas
loin du but, j’essayais d’attaquer encore plus. Il faut apprendre qu’un podium
est un bon résultat et qu’il faut surtout marquer des points le plus
régulièrement possible. Donc oui, je me suis bien calmé, ma conduite est plus
réfléchie. La déception du Norisring, énorme, a été un déclic car j’ai tout
perdu dans les premiers mètres de course sur un circuit où il est facile de
dépasser et où j’étais en mesure de gagner.
Vous aviez 19
courses de monoplaces à votre actif avant le début de la saison. Est-ce que
vous avez parfois eu l’impression que la F3 Euro Series arrivait trop tôt pour
vous ? Non, jamais, parce qu’on a bien travaillé cet hiver et
tout s’est toujours bien passé dans ma préparation de la F3 Euro Series. De
plus, au niveau performance nous répondons toujours présent et je savais donc
que si je parvenais à mieux canaliser mon énergie les résultats viendraient
d’eux-mêmes. Je ne me suis donc jamais posé cette question ; d’autant
moins que je suis dans la meilleure équipe du championnat et ça aide !
Le fait de connaître
le Nürburgring était-il un avantage psychologique par rapport aux autres
circuits du début d’année ? Découvrir des circuits ne me pose pas de problème car
j’arrive à bien intégrer les nouveaux paramètres en 5 tours environ.
L’adaptation ne me pose donc pas trop de problème. Mais c’est vrai que
connaître le Nürburgring c’est un confort pour les premiers tours, lorsqu’il
faut trouver les bons réglages rapidement. En F3 Euro Series il faut tout de
suite être très rapide et mes repères de la Formule Renault étaient parfois
transposables.
Nico Hülkenberg
était-il intouchable dans la 1ère course que vous avez terminée à la
2è place ? J’ai pris un bon départ dans la première course en sortant
2è du premier virage. Nico était très rapide à mi-course et je ne pouvais pas
suivre son rythme, j’ai donc décidé d’assurer la 2è place. Je n’ai pas tout
donné pour aller le chercher. J’ai attaqué au début mais il était impossible de
revenir sur lui et j’ai donc calmé le jeu par la suite.
Du coup vous
remontez au 5è rang au championnat et vous êtes à seulement 11 points du
leader, à 10 d’Hülkenberg… des ambitions de titre ? C’est sûr, je pense toujours au titre. Mais c’est ma
première année dans ce championnat que j’aborde en deux temps : la première
année pour apprendre, la seconde pour gagner.
Avoir Hülkenberg dans
son équipe est-ce un avantage pour progresser plus vite ou une incitation à
dépasser les limites ? C’est sûr, c’est un avantage ! Quand je regarde ses
‘datas’ je vois où il va plus vite que moi et je peux essayer de le copier. En
analysant les données on regarde comment chaque pilote passe dans les virages,
on analyse tout : point de freinage, trajectoire etc… il y a toujours
quelque chose à apprendre au contact d’un pilote comme Hülkenberg.
Et lui, est-il
grandement avantagé par le fait d’être le seul des quatre pilotes de l’écurie à
avoir roulé pour ART Grand Prix en 2007 et par le fait qu’il connaît les
circuits et le championnat ? Au début c’est mieux de connaître l’environnement de
travail, mais en ce qui concerne l’équipe je pense qu’il n’y a pas de
différence désormais car je me suis très bien intégré et je me sens vraiment
bien dans l’équipe. Mais au niveau des circuits, il a l’avantage car il connaît
mieux les limites, il sait où il peut pousser la voiture dans ses derniers
retranchements alors qu’il faudrait que je fasse plus d’erreurs pour le savoir.
Il a fait ses erreurs l’année dernière et ne les commet plus.
Dans quels domaines
pensez-vous avoir la plus grosse marge de progression ? Je pense que c’est au niveau de la course et dans sa
gestion, dans le fait d’être plus régulier et aussi dans celui d’avoir la
capacité à être constamment à la limite.
Un autre débutant,
Jon Lancaster, qui est également votre équipier, a remporté sa 1ère
victoire au Nürburgring alors que vous n’êtes encore jamais monté sur la
plus haute marche du podium. Est-ce frustrant alors que vous l’avez constamment
dominé depuis le début de la saison ? C’est frustrant oui car il a gagné et pas moi, pas encore.
Il a gagné la course du dimanche, celle où la grille de départ est inversée !
Mais bravo à Jon pour sa victoire, c’est bon pour lui.
Quid des circuits à
venir ? Vous connaissez bien Barcelone et vous roulerez à domicile au Mans C’est très bien ! Je suis content d’aller à Barcelone
car c’est un circuit que j’aime bien. Le Mans sera bien entendu un rendez-vous
important devant mon public. Parc contre il faudra se méfier de Brands Hatch
car la piste est étroite et il est difficile de doubler.
Vous vous entraînez toujours
régulièrement en Italie. Est-ce que l’aspect physique prend de l’ampleur dans
votre carrière ? C’est hyper important. J’ai conservé la même organisation,
mes sponsors et mon manager m’aident énormément dans ma carrière et je les en
remercie. Mon manager met sur pied le planning d’entraînement que je respecte.
Mais le meilleur entraînement c’est de rouler ! Je regrette qu’on ne puisse pas
le faire plus souvent…
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