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Comment vous sentiez-vous après avoir eu la chance de courir à Spa ?
J’étais très heureux bien sûr, car je me morfondais avec mon poste de 3è pilote à regarder les courses à la télévision ! Je suis né pour courir et je souffrais d’être cantonné à cette place. Je pense avoir fait le maximum car je n’avais que 5 courses pour démontrer quelle était ma vitesse de pointe. J’espérais courir en 2010 mais la F1 évolue beaucoup et je devais donc maximiser ces 5 rendez-vous de 2009.
Vous avez couru dans d’autres catégories, mais était-il difficile de faire son retour sans véritable essais au préalable ?
Sans essais, c’est assez compliqué car la F1 est différente des autres catégories dans lesquelles j’ai couru cette année, comme le Speedcar et l’A1GP. La F1 est la crème de la crème au sport automobile et à part la vitesse de l’auto vous êtes en plus avec des pilotes qui sont à 100% au sommet de leur art. Ce fut difficile donc, mais je suis un combattant et je pense avoir démontré en certaines occasions que je ne baisse pas les bras. J’aime ce genre de combat et je m’y fait assez bien.
Quel a été l’aspect le plus difficile dans cette adaptation ?
S’adapter au style de l’auto car lorsque je courais en F1 avant les pneus étaient rainurés. Sans anti-patinage avec ces pneus, il faut un style de pilotage différent. On peut être plus agressif, on peut freiner plus tard, mais il faut préserver ses pneus d’une manièe différente.
Comment se sont passées les courses ?
Je pense que nous avons toujours fait des courses solides. C’est très dommage ce qu’il s’est passé à Monza car l’auto était très compétitive là-bas et nous aurions pu finir entre la 3è et la 5è place, ce qui aurait été un superbe retour à la compétition. Un arbre de roue a cassé en course, mais ça fait partie du jeu. Parfois, lorsque la réussite n’est pas avec vous, vous ne pouvez tout simplement pas faire mieux. Après le retour de Luca Badoer chez Ferrari personne ne pensait que je pourrai être fort mais en fait ce fut le contraire, j’étais confiant. J’aurais pu aller plus vite même, car je n’étais pas à 100%.
Et les autres courses, à partir de Singapour ?
Nous avons souvent été malchanceux. Singapour a été la seule course où nous n’étions pas rapide, mais au Brésil et à Suzuka, nous étions vraiment forts mais malchanceux en qualifications. Au Japon nous avons cassé la boîte de vitesses lors de la 3è séance d’essais libres et après l’avoir changé nous n’avions plus de temps pour rouler et l’auto glissait en qualifications. C’est pourquoi je perdais 0,5 seconde en ligne droite. AU Brésil, j’ai eu un gros aquaplaning lorsqu’il pleuvait fort alors que j’étais sûr de pouvoir aller en Q3. Mais en course j’ai toujours eu un bon rythme et je suis donc globalement content.
C’était une séance étrange avec Force India qui passe du fond de la grille aux premières lignes et d’autres écuries qui faisaient le chemin inverse ! Comment l’expliquez-vous ?
C’était une année complètement folle, mais je pense que les nouvelles règlementations ont fait que le championnat était imprévisible. Notre voiture était vraiment forte sur les circuits où il y a peu de traînée et beaucoup de courbes rapides et de lignes droites. Williams était exactement à l’opposé, comme Toyota. Je pense que l’année a été intéressante pour les spectateurs. Les seules voitures constamment compétitives étaient les Brawn GP et les Red Bull Racing, et mêmes elles ont rencontré quelques difficultés sur certains circuits. De mon point de vue, ce fut une année excellente. L’année prochaine sera différente car je pense que les écuries habituellement très fortes, comme McLaren et Ferrari, seront de retour au sommet. Mais je pense que les nouvelles règles, comme l’interdiction de ravitailler, feront que le championnat restera intéressant.
La VJM02 était-elle la meilleure F1 que vous ayez pilotée ?
Bien sûr ! Surtout à Monza, où nous étions vraiment compétitifs. C’est pourquoi je suis heureux d’avoir pu montrer quel était notre potentiel. Nous avons démontré qu’avec une voiture compétitive nous pouvions nous battre avec les meilleurs. Auparavant, avec Toro Rosso je n’avais jamais eu une voiture aussi compétitive et nous espérions toujours qu’il pleuve !
Dans quelle mesure Force India est-elle une écurie forte désormais ?
Je pense que l’équipe a une excellente structure. Lorsqu’elle était Jordan elle avait saisi de belles opportunités même si ses finances n’étaient pas au niveau de celles des grandes écuries. On est dans la même situation aujourd’hui : nous avons travaillé ensemble pour faire progresser l’écurie. Les gens sont fabuleux ici et je pense qu’il y a beaucoup de très bons éléments, ils pourraient surprendre beaucoup de monde. |