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29 Sept - 09:04
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Japon – Qualifications : Hamilton crève l’écran de pluie

Lewis Hamilton a déplacé des montagnes aujourd’hui sur le Mont Fuji. Le Britannique a terrassé Fernando Alonso dans les 2 dernières phases des qualifications sur un terrain (détrempé) où le talent du double champion du monde fait en général des ravages. L’exploit n’est pas mince et ne manquera pas d’impressionner Alonso, son collègue de 1ère ligne. En étant rejetés sur la 2è ligne de la grille, Räikkönen et Massa voient leur chance de coiffer la couronne mondiale se diluer un peu plus dans l’humidité de Fuji.

 

Alors que le Grand-Prix du Japon se dirigeait tout droit, à vue et dans le brouillard, vers un report des qualifications à demain, les intempéries qui ont pris racine sur le Mont Fuji et ses alentours ont ouvert une fenêtre de tir dont on profité les organisateurs pour faire décoller l’hélicoptère médical (s’il ne peut prendre les airs aucune séance ne peut avoir lieu) et lancer les qualifications.

 

A 14h, la seule reconnaissance du terrain qu’avaient les pilotes dans ces conditions apocalyptiques – hormis Räikkönen qui s’était abstenu de prendre la piste – se limitait à un tour d’installation dans la matinée, et à un tour chronométré pour Wurz, Rosberg et Trulli. La pluie ne tombant plus aussi dru, la piste s’est lentement améliorée au fur et à mesure que les bolides chassaient l’humidité du tarmac.

 

Dans ces conditions d’évolution constante de la piste dans le même sens – l’amélioration –, les qualifications ne sont pas une partie de poker. La seule recette pour bien figurer dans la hiérarchie est de rouler avec assiduité pour apprendre les pièges de la piste et définir les meilleures trajectoires, puis de s’assurer d’un tour clair dans les ultimes secondes de la séance. De fait, l’échelle de valeur des trois phases de qualifications n’a pas réservé de grande surprise même si l’intensité de chacune a mis les nerfs des pilotes à rude épreuve.

 

Q1

 

Les Q1 ont été un crève-cœur pour spectateurs courageux amassés autour du Fuji Speedway. Les deux premiers exclus des Q2 avaient en effet pour noms Sato et Yamamoto. Autre victime des Q1, le funambule du Fuji Speedway, Adrian Sutil, découvrait l’évolution B de la F8-VII sous la pluie pour la première fois et sans aucune possibilité d’affiner ses réglages. Malgré un temps inférieur de 1 seconde à son équipier, l’Allemand n’a pu concrétiser l’ambition née la veille à la suite de ses prouesses : s’extirper des griffes des Q1.

 

Davidson, Wurz et Barrichello complètent la liste des premiers sacrifiés dont faisait partie Lewis Hamilton à 1 minute du drapeau à damiers. Une petite faute dans son pénultième tour empêchait en effet le leader du championnat d’améliorer son temps et le faisait dégringoler au 17è rang. Sa dernière boucle sera la bonne, avertissement sans frais !

 

Les frais sont en revanche conséquents du côté de Ralf Schumacher et Toyota. 14è des Q1, l’Allemand prenait un risque inconsidéré en tentant de dépasser Yamamoto à la chicane. Toutes roues bloquées, la TF107 venait s’écraser contre la Spyker. Sur les terres de Toyota, Ralf venait de se faire seppuku sous les regards incrédules de la direction du premier constructeur automobile mondial.

 

Q2

 

Ralf Schumacher ne pouvant défendre ses chances en Q2, il ne restait plus qu’à éliminer 5 clients aux Q1. Trop gourmandes, les Renault se sont appropriées 2 des 5 exclus. Les R27 affichaient la meilleure vitesse de pointe (313 km/h) en Q2. Probablement le reflet d’un manque d’appuis qui fut rédhibitoire pour Kovalainen et Fisichella.

 

Coulthard, Liuzzi et Trulli étaient ce matin les 3 derniers non éligibles pour les Q1. Toyota enregistre ainsi sa plus mauvaise qualification de l’année – déshonneur suprême, l’affront intervient sur ses terres – alors que Toro Rosso accède à la séance de la Super Pole grâce à un Sebastian Vettel à l’audace et au sang-froid fous.

 

En haut de la hiérarchie, les McLaren plantent un 1er jalon de leur domination en trustant les 2 meilleurs temps. Hamilton envoie un message fort à Alonso en chassant sur ses terres – la prestation de référence sur piste humide.

 

Q3

 

Les McLaren s’élancent les premières dans le warm up, les Ferrari les dernières. Point d’astuce pour effectuer un tour supplémentaire dans la manœuvre ou pour économiser du carburant. Les rouges et les gris feront au final autant de tours en Q1. A chacun sa méthode pour trouver un tour clair au meilleur moment – les derniers instants de la séance déterminant le haut de la grille de départ du GP du Japon.

 

McLaren enfonce très tôt le clou de sa domination, et le dernier clou dans le cercueil des Ferrari, qui n’auront pas droit de cité sur la 1ère ligne de la grille. Massa part à la faute dans le 1er secteur de sa dernière tentative et Räikkönen compose avec une boîte de vitesses défaillante. Dans ces conditions, le retard du virtuose Finlandais sur le poleman (15 centièmes de seconde) est un témoignage à l’adresse de Kimi.

 

Alonso prend les devants et propulse son nom en haut des écrans de contrôle dès la fin de son 1er run. Il y reste jusqu’à ce que le chronomètre égrène les dernières secondes de la séance. Hamilton, qui vient de repasser par la case stands pour chausser un nouveau trains de pneus intermédiaires neufs, pointe à ce moment des qualifications en 3è position derrière Alonso et Räikkönen. Le Britannique se met en confiance en s’emparant du meilleur temps dans le premier secteur. Il signe sa meilleure performance dans le second et se laisse glisser vers la pole dans le dernier, après avoir évité la Ferrari de Massa, au ralenti dans la ligne droite. « Le dépassement était un peu chaud. C’était une Ferrari je crois, j’ai pu l’éviter, mais elle ne m’a pas vraiment gêné » expliquait Hamilton qui ne tenait pas rigueur à Massa de la manœuvre. « J'ai perdu un peu de temps à la sortie du dernier virage mais j'ai modifié mon style dans certains virages, ce qui m'a fait gagner du temps. Je regardais l’écran géant et j’ai immédiatement compris que j’avais fait la pole ! » souriait Lewis tout heureux du coup qu’il venait de jouer à Alonso.

 

« Je suis très content. Nous avons fait les bons choix techniques et la voiture a encore franchi un palier » se réjouit Hamilton en sachant qu’il dispose de l’arme pour tuer les derniers espoirs de titre de Massa et Räikkönen. La pluie ? Loin d’impressionner le néophyte, elle est appelée de ses vœux ! « J’espère qu’il pleuvra demain car on est rapides sous la pluie, la voiture est très à l’aise ». Prochaine étape clef dans la marche d’Hamilton vers la victoire : le départ. Alonso l’attendra au tournant, comme à Spa. « Je suis relax, et encore plus maintenant que je suis en pole » affirme Lewis comme pour mieux déplacer la pressions sur son voisin de droite en conférence de presse, « C’est sûr, j’ai deux pointures dans le dos et ils essaieront de me tomber dessus ; il faudra prendre un bon départ et bien négocier le premier virage pour faire la course en tête. »

 

Impavide en conférence de presse, Alonso bout certainement intérieurement de s’être fait voler la vedette par Hamilton. L’Espagnol tente de ne rien montrer de sa déception et desserre simplement les mâchoires pour assurer qu’il est serein… « Les conditions me convenaient et tout s’est déroulé normalement. Je ne suis pas en pole mais la 1ère ligne est l’essentiel pour la course. On a peut-être un avantage sur les Ferrari sur piste humide mais sec ou mouillé, la hiérarchie ne varie pas énormément et les temps sont serrés. »

 

Räikkönen a-t-il des chances de briguer la victoire et donc la couronne mondiale ? Le Finlandais vous assurera que oui. Impossible de contredire les mathématiques. Mais Kimi s’est souvent fait une raison au soir des qualifications, et non en course. Dépasser à Fuji ne sera pas aisé. D’autant que ce n’est pas 1 mais 2 flèches d’argent que Räikkönen devra dévier de la trajectoire gagnante. A en juger par sa prestation du jour, Kimi a la moelle pour parvenir à ses fins, mais sa monture ? « Nous avons eu des problèmes de boîte de vitesse et j’espère que ça ira mieux demain » avoue Räikkönen, « J’espère qu’on aura une bonne voiture pour la course. Peu importe les conditions, ce sera certainement très serré. »

 

Pos. Pilotes Ecuries Pneus Temps Ecart Tours
1 L Hamilton McLaren Mercedes B 1:25.368 - 30
2 F Alonso McLaren Mercedes B 1:25.438 - 27
3 K Raikkonen Ferrari B 1:25.516 - 29
4 F Massa Ferrari B 1:25.765 - 29
5 N Heidfeld BMW Sauber B 1:26.505 - 30
6 N Rosberg Williams Toyota B 1:26.728 - 33
7 J Button Honda Racing B 1:26.913 - 31
8 M Webber Red Bull Racing B 1:26.914 - 29
9 S Vettel Scuderia Toro Rosso B 1:26.973 - 33
10 R Kubica BMW Sauber B 1:27.225 - 33
11 G Fisichella Renault F1 B 1:26.033 - 17
12 H Kovalainen Renault F1 B 1:26.232 - 17
13 D Coulthard Red Bull Racing B 1:26.247 - 21
14 J Trulli Toyota B 1:26.253 - 21
15 V Liuzzi Scuderia Toro Rosso B 1:26.948 - 22
16 R Schumacher Toyota B 1:27.191 - 10
17 R Barrichello Honda Racing B 1:27.323 - 10
18 A Wurz Williams Toyota B 1:27.454 - 10
19 A Davidson Super Aguri F1 B 1:27.564 - 10
20 A Sutil Spyker B 1:28.628 - 10
21 T Sato Super Aguri F1 B 1:28.792 - 10
22 S Yamamoto Spyker B 1:29.668 - 10

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