|
Depuis ses débuts en compétition, Jacques Villeneuve a écumé la planète au volant de nombreuses monoplaces différentes (F3 Italie, Formule Atlantic, CART, F1). Le Québécois est l’un des plus expérimentés du plateau F1 2005, et a vécu une certaine évolution de la F1. Son avis sur les nouvelles méthodes prônées par Max Mosley (simulation et modélisation informatique avec le concours de ADM) pour définir la F1 du futur apporte un plus dans le débat actuel et qui doit poser les bases de l’avenir de la discipline reine du sport automobile.
Les conclusions de Mosley aboutissent non pas à une réduction des appuis mais à la fixation d’un seuil maximum d’appuis, mesuré en Newton. Jacques a livré à GP2005.COM le fond de sa pensée... « Imposer tant de Newton d’appuis complique probablement les choses, car il faut ensuite des éléments de mesure précis et beaucoup de contrôles » analyse le champion du monde 1997, avant d’avancer quelques arguments pour une F1 plus simple pour le profane, épurée, et plus spectaculaire.
« Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué en quelque sorte... le problème c’est l’efficacité de l’appui aérodynamique. Si deux voitures développent la même quantité d’appuis aérodynamiques mais que l’une d’elle est plus efficace, elle pourra rouler avec les ailerons plus relevés que l’autre tout en bénéficiant de la même vitesse de pointe. En outre l’obstacle avec cette philosophie est que ça normalise tout le monde avec la même valeur, ce qui est dommage. »

« Quand on regarde une F1 moderne, c’est ridicule et risible : on voit 20.000 petits ailerons à droite à gauche, qui procurent à la fois énormément d’appuis et rendent les voitures beaucoup trop précises ! Le problème est que dès que l’on sort un peu de l’air idéal et que l’on suit une autre voiture, tous ces petits éléments sont totalement inutiles ! La perte d’appuis aérodynamiques est énorme par rapport à une voiture qui n’aurait que deux petits ailerons à l’avant et à l’arrière, sans fioriture. Toutes les mesures qui ont été prises pour réduire les appuis au fil des ans, ont toujours rendu les voitures plus difficiles à maîtriser lorsque l’on se retrouve dans l’aspiration d’un concurrent. »
« Relever l’aileron avant par exemple : quand on se rapproche d’une voiture l’aileron se retrouve dans une bulle d’air sale, alors que plus on se rapproche du sol plus l’air est propre. La solution est donc simple : aileron monoplans – surtout pas des triplans ! – à l’avant et à l’arrière et basta, rien sur les ailes ni entre les roues ! »
|