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21 Juillet - 09:29
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L’épingle de tous les records

Jadis, la forêt d’Hockenheim était le témoin privilégié des excès des monoplaces de Formule Un. La frondaison de l’épais bocage ne masquait pas les vitesses folles atteintes par les bolides qui flirtaient avec les 340 km/h dans les interminables lignes droites du circuit de Bade-Wurtemberg qui rivalisait avec Monza pour l’attribution du titre honorifique de temple de la vitesse Européen. Mais contrairement à son homologue Italien, le circuit Allemand possède un stadium tortueux et technique qui imposait aux pilotes et aux ingénieurs de trouver le meilleur compromis entre vitesse de pointe et stabilité dans les virages ainsi que lors des freinages.

 

En 2002, Hockenheim a perdu sa typicité. De 6.8 km, son tracé a été ramené à 4.5, ses lignes droites entrecoupées de chicanes ont été amputées. Contrairement à une idée reçue, la vitesse n’a pas été sacrifiée sur l’autel de la sécurité. La motivation du grand manitou de l’exploitation commerciale de la F1, Bernie Ecclestone, était d’augmenter le nombre de tours afin de contenter les spectateurs amassés exclusivement dans le stadium et de faciliter les retransmissions télévisées. De 45, les révolutions sont passées à 67. Le raccordement du nouveau tracé avec l’ancien se fait au niveau d’une épingle à cheveux greffée au bout d’une immense courbe rapide (baptisée ‘Parabolika’) que les pilotes négocient comme une ligne droite. A l’abord de l’épingle, la vitesse tutoie les 310 km/h. Les F1 perdent 240 km/h en 120 mètres et encaissent 5.2 g de décélération. La durée du freinage n’est que de 2.8 secondes et la pression exercée sur la pédale de frein est l’une des plus élevée de la saison (153 kg, 2.2 kW).

 

Ces données physiques se traduisent dans les faits par la meilleure opportunité de dépassement de tout le circuit. Mais déborder un concurrent dans l’épingle n’est pas une sinécure. La manœuvre traditionnelle consiste à plonger à la corde mais la proie se charge souvent de protéger la trajectoire intérieure. Lorsqu’il est obligé d’enrouler le virage par l’extérieur, l’attaquant se jette dans la gueule du loup : le chassé devient chasseur, élargit généreusement sa trajectoire et pousse l’assaillant au-delà du vibreur à la sortie de l’épingle. Petits et gros bobos (aux monoplaces, à l’orgueil et parfois à l’esprit sportif) ont été maintes fois déplorés dans la célèbre épingle. Les F1 n’ont pas roulé à Hockenheim l’année dernière et les pilotes devront donc trouver leurs marques au volant de monoplaces équipées de diffuseurs complexes et d’un F-duct qui sera une arme redoutable dans la Parabolika et en arrivant à l’épingle à cheveux qui ébouriffera plus d’une manœuvre de dépassement et plus d’une course le week-end prochain où GP3 et GP2 ne manqueront pas de faire le spectacle en lever de rideau de sa Majesté F1.

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