Bob Bell, directeur technique châssis chez Renault F1 évoque la manière dont Enstone a vécu le championnat 2006.
Bob , comment jugez-vous le niveau de compétitivité du plateau cette saison ?
Je pense que le niveau était similaire à celui de 2005 : deux équipes devant tout le monde, et le reste de la grille qui se battait derrière. La fiabilité générale, je pense, était bien meilleure cette année, tandis que les performances ont une nouvelle fois grimpé. Ce n’est pas surprenant. Dans le seul secteur aérodynamique, par exemple, il n’est pas rare de réaliser un gain de 10% à 15% sur une année complète. De plus, nous étions dans une situation de concurrence extrême entre les deux manufacturiers de pneumatiques.
La première chose que les gens ont dit au lancement, c’était que la R26 était-elle une belle voiture…
Elle était magnifique. Bien sûr, c’est le règlement qui détermine la quasi-totalité des proportions des monoplaces actuelles. Mais la R26 était très élégante.
Quelles étaient ses qualités ?
Ses performances étaient très constantes. Elle était plutôt facile à régler et savait se montrer compétitive sur tous les types de circuits. Elle mettait également les pilotes en confiance. Sa performance brute était excellente. Et elle est championne du monde !
Et vous l’avez développée au long de l’année. Si la voiture se présentait aujourd’hui à Bahreïn avec tous les développements dont elle a fait l’objet pendant la saison…
Elle serait au moins une seconde au tour plus rapide.
Vous avez vécu une saison à rebondissements. L’ambiance est excellente après une telle victoire, mais quelle était l’atmosphère à Enstone pendant l’été, qui a été la période la plus difficile du championnat pour Renault ?
Tout d’abord, je crois que l’interdiction des « tuned mass dampers » * a procuré un surcroit de motivation général. Nous voulions prouver que nous pouvions gagner sans eux. L’équipe est vraiment très forte moralement et nous avons traversé les zones de turbulence sans nous démobiliser. Nous avons accepté les résultats et n’avons jamais baissé les bras. L’attitude de nos collègues de Viry-Châtillon a été identique. L’une des choses dont je suis le plus fier à propos de 2006, c’est le fait que, malgré les difficultés rencontrées, nous n’ayons jamais perdu confiance.
Source : RenaultF1