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La Scuderia Ferrari et son président, Luca Di Montezemolo, préviennent l’auguste assemblée de la Formule 1 qu’elle doit définir clairement sa philosophie et ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain. En d’autres termes, la réduction des coûts ne doit pas changer les principes fondamentaux de la discipline qui sont l’excellence technologique et la compétition. Sus à une formule monotype ! « Je veux que nous progressions entre maintenant et 2012, lorsque nous signerons de nous Accords Concorde. Si ce n’est pas le cas, nos motivations seront ailleurs » prévient Di Montezemolo.
Et le président du groupe Ferrari Maserati de brandir la menace à peine voilée de l’endurance, spécialité vers laquelle les plus grands constructeurs automobiles ont tendance à se tourner à l’instar de BMW et probablement de Toyota dans un avenir proche. « Je suis allé au Mans et j’ai été impressionné. Nous ne pouvons pas accepter qu’il y ait un fossé entre les pilotes et la presse, le public. Alors que par le passé les stands étaient remplis de jolies filles, aujourd’hui ils ressemblent à un camp de concentration. Et puis il faut qu’on se dépasse en piste ! Il y a beaucoup de réponses à apporter et nous avons besoin des bonnes personnes à la FIA. Avec Jean Todt nous avons une personne intelligente et compétente à la tête de la FIA et je suis certain qu’il saura maintenir un dialogue constructif entre la Fédération, les Détenteurs des Droits Commerciaux et les Ecuries réunies sous l’ombrelle de la FOTA. »
« Je pense que la F1 doit inclure technologies, performances et R&D extrêmes. Nous devons réduire nos coûts de fonctionnement sans perdre les éléments qui font notre attraction. Les freins en carbone, par exemple, ne peuvent pas être utilisés sur les voitures de route et nous pouvons accepter une boîte à vitesses standard sans dévisager la F1. »
Autre flambeau de discorde majeur entre écuries historiques et nouvelles arrivantes au sujet duquel la FIA devra prendre soin d’éviter qu’il mette le feu à la F1, les essais privés. Naguère pléthoriques ils ont laissé leurs terres en jachère depuis deux ans. Depuis la fin du championnat 2009, les écuries se sont vues octroyés 3 journées d’essais, exclusivement réservées aux pilotes qui avaient au mieux 3 départs en Grand-Prix à leur palmarès. Elles n’entameront le développement en piste de leurs machines 2010 qu’à la fin du mois de Janvier, soit 6 semaines avant que Melbourne frappe les trois coups annonçant l’ouverture de la scène 2010. Pour Ferrari, dont un pilote titulaire est dans une position délicate et spécifique qui nécessiterait une attention particulière – gravement blessé en Hongrie, Felipe Massa n’a pu effectuer qu’une soixantaine de tours au volant d’une F1 datant de 2007 – la F1 doit prendre garde de ne pas s’enfermer dans de nouveaux dogmes. « Ne pas être autorisés à faire rouler Felipe va à l’encontre de la nature du sport ! En l’espace de 3 ans nous sommes passés de la possibilité de rouler où et quand nous le voulions, à l’interdiction de rouler pendant la saison. L’une des conséquences a été de voir Alguersuari débuter en Grand-Prix sans avoir jamais pris le volant d’une F1 pour une véritable journée d’essais. Nous pouvons accepter cette situation pour le moment, mais pas à l’avenir. »
En 2010, le plateau du championnat du monde de Formule 1 sera composé en majorité d’écuries qui étaient absentes de la scène 2009, ou présentes sous une forme (direction, actionnaires) différente. Parmi elles, certaines structures n’ont aucune expérience de la Formule Un (Virgin, USF1, Campos, Lotus) et ont saisi l’opportunité de la baisse drastique des coûts pour s’engouffrer dans la brèche. Pour quel résultat et pour donner quelle image de la F1 ? « Nous devons faire attention au spectacle. Remplacer les constructeurs par des écuries dont je ne sais pas si elles seront prêtes ou si elles le sont dans quelles conditions, je ne pense pas que ce soit la meilleure solution » estime Di Montezemolo. « La F1 doit de nouveau être synonyme de technologie de pointe, sans imposer d’égalitarisme qui risque de la transformer en Formule 3. Bien sûr, il faut garder un œil sur les dépenses, mais nous ne pouvons pas passer d’un extrême à l’autre comme certains l’ont fait cette année. Ce sport doit donner les tendances et non pas les suivre. Afin de construire une nouvelle F1 nous devons travailler ensemble, impliquer toutes les parties, y compris les médias. Il y a plusieurs sujets à débattre : la longueur des courses, leurs horaires, l’accessibilité des pilotes, le spectacle en piste et bien sûr le rôle majeur d’Internet. »
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