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La F1 du XXIè siècle sera verte ou ne sera pas. Le nouveau cheval de bataille de Max Mosley s’intègre dans une volonté globale du président de la Fédération Internationale de l’Automobile d’ancrer fermement les pieds de la F1 sur terre, et sur la Terre. « Si nous n’agissons pas, l’existence de la F1 sera en péril » prévient Mosley sur le site officiel de la F1 en voulant frapper les esprits et en intégrant sa théorie de la F1 écologique dans un projet plus vaste centré autour de l’image de la F1 et de son rayonnement dans le monde. « Nous ne pouvons pas ignorer le changement du climat, l’inflation galopante des coûts et les problèmes sportifs. Le nouveau programme de la FIA propulsera la F1 dans une nouvelle ère. C’est une question de vie ou de mort ! »
Adepte de la méthode interventionniste, Mosley entend agir pour le bien des constructeurs automobiles, de gré ou de force. Il dresse un tableau alarmiste d’une F1 où les constructeurs donneraient libre cours à leur imagination et à leur portefeuille. « Nous avons observé que seuls deux constructeurs ont réduit leurs budgets. Les autres ont conservé le même, et ce même avec la loi du gel des moteurs. Ils continuent de développer des microdomaines qui coûtent des millions et qui leur apporteront aux mieux 3 ou 4 cv. »
« Si rien ne change, les coûts augmenteront considérablement, ce qui pourrait contraindre un ou deux constructeurs à se retirer. Mon expérience me dit que si un constructeur donne le signal du départ, d’autres suivront. Tous les présidents de ces entreprises ne sont pas des fanatiques de F1 et il arrivera un moment où la consommation d’énergie agressive de la F1 deviendra une menace pour eux. Des voitures qui consomment 75 litres au 100km ne sont pas sympathiques. »
La feuille de route de Mosley comprend trois axes de rénovation de la F1, soumis aux principaux intéressés, constructeurs, écuries et leurs escouades d’ingénieurs. « Il y a trois piliers : nous devons réduire les coûts ; nous devons respecter l’avis du public et envoyer un message clair. »
« Il faut définir le pic de performances en se basant uniquement sur l’efficacité et non pas comme les 100 dernières années en termes de cylindrées et de régime moteur. Nous devons faire ‘plus avec moins’ et non ‘bien plus avec beaucoup plus’. Nous pouvons limiter la performance avec une énergie efficace. La question est quelle est la quantité d’énergie dont un moteur a besoin et non quelle est sa capacité. A l’avenir nous essaierons de tirer le maximum d’une énergie potentielle limitée. L’équation se posera comme suit : quiconque veut avoir le moteur le plus puissant devra déterminer comment faire la meilleure utilisation d’une énergie limitée. »
Concrètement, la F1 fera peau neuve en 2011 – date butoir que Mosley a proposé aux écuries –, en utilisant un carburant bio dont la rentabilité devra être optimisée et en recyclant l’énergie dispersée lors des phases de décélération. « Le pourcentage du carburant bio devra augmenter ces prochaines années, avec en parallèle une augmentation de la puissance (…) Avec un système qui stocke l’énergie au freinage et la restitue au moteur comme nouvelle source d’énergie, notre évaluation estime qu’un moteur V6 turbo de 2.2 litres devrait développer 750cv. » |