|
La F1 est gérée par 2 pouvoirs, l’exécutif et le commercial. Le premier a vacillé pour des affaires qui débordaient parfois du cadre sportif sur la vie privée mais a réussi à imposer son point de vue aux constructeurs – qui, malicieux, y trouvent leur compte. Le second pourrait être un dégât collatéral de la crise économique et de la refonte de la planète F1.
La Formule 1 fait sa propre révolution – technique, technologique, sportive et philosophique. Comme dans toute mutation profonde d’une société organisée, le haut de la pyramide est remis en question et certaines têtes tombent. Honda Racing a déserté le plateau, Max Mosley a bravé la tempête (le président de la FIA a multiplié les joutes avec les constructeurs ces 5 dernières années et a été mis sur la sellette à la faveur d’une affaire de mœurs) mais, habile politicien, il a gardé le cap et son mandat.
Bernie Ecclestone est à son tour montré du doigt par les constructeurs automobiles possédant une écurie de Formule 1. La réduction des coûts doit – aussi – s’appliquer au patron de la FOM (Formula One Management, la société qui gère l’aspect commercial de la F1) et les écuries réunies sous la bannière de la FOTA (Formula One Teams Association) ont bon espoir de pouvoir croquer une plus grande part des bénéfices générés par la catégorie reine du sport automobile.
Mieux, le président du groupe Ferrari, Lucas Di Montezemolo, dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : la F1 ne peut prétendre être mondiale si elle ne se produit pas sur le continent Nord-Américain. En coulisses on surenchérit : pourquoi et comment administrateur de la Formule Un est-il devenu multimilliardaire – l’une des plus grandes fortunes de Grande-Bretagne ? Pourquoi le patron de la FOM se permet-il de faire un pied de nez à la réduction des coûts érigée en règle d’or (l’inflation pratiquée par la FOM auprès des organisateurs de Grand-Prix atteint parfois 15% par an) ?
« Pensez-vous qu’il soit normal que nous ne courrions pas en Amérique du Nord ? Pensez-vous qu’il soit normal que nous payions des sommes incroyables pour les hospitalités pour notre propre promotion sur les courses ? » interroge Lucas Di Montezemolo sans appeler frontalement le retrait de Bernie Ecclestone mais en martelant que la FOM devra revoir ses émoluments à la baisse, « Le temps passe et dans quelques années je prendrai moi aussi ma retraite. Il devra s’arrêter un jour ou l’autre » rappelle-t-il au Times, « Nous verrons bien, mais une chose est sûre, le temps où diviser pour mieux régner en F1 est révolu » martèle le président de la FOTA en référence à la belle unité – historiques ! – des constructeurs et écuries de Formule 1. « Nous devons écrire une page importante avec Ecclestone et McKenzie (directeur de la CVC, le partenaire d’Ecclestone détenteur des droits commerciaux de la F1), pas seulement en termes de quantité d’argent mais aussi sur la manière de faire bien des choses : les circuits, les spectateurs, l’hospitalité, la télévision, les types de tracés et le timing des courses. »
|