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19 Oct - 12:42
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La F1 n’avait pas confiance en Button

Il a gagné 6 Grand-Prix sur 16 – une réussite de 37% –, il a conquis 4 pole positions et 2 meilleurs tours en course. Jenson Button est le 31è champion du monde de l’histoire de la Formule 1. En 2008, son compatriote Lewis Hamilton avait décroché la timbale dorée avec un succès de moins. Un an auparavant, 6 victoires avaient permis à Räikkönen de devenir le 1er champion de la nouvelle ère Ferrari, celle où Michael Schumacher ne figure plus qu’en toile de fond et non sur le devant de la scène. Si le titre mondial avait été décerné au nombre de victoires (médailles) une réglementation que Bernie Ecclestone et la FIA ont tenté de faire passer au forceps et sans concertation –, Button aurait trôné sur le toit de la F1 dès le drapeau à damier de Singapour, à 3 épreuves du terme de la saison.

 

En 2009 et avant la finale d’Abou Dhabi, Button a gagné 2 fois plus de courses que Vettel, 3 fois plus que Webber, Barrichello et Hamilton, 6 fois plus que Räikkönen. Sur le plan comptable, Jenson Button mérite amplement son titre. Pourtant, le microcosme de la F1 et une certaine presse se sont posés des questions. Les articles contenant le mot « mérite » suivi d’un point d’interrogation ont plu comme les hallebardes à Interlagos. Le fait de se poser la question est suffisamment injurieux pour un prétendant au titre qui a fait main basse sur la première moitié du championnat. Qui s’était posé la question pour Hamilton, Räikkönen ou Alonso ? L’idée n’avait même pas effleuré les esprits. Button a été victime de son succès : 6 victoires en 7 courses en début d’année, puis un seul podium lors des 9 épreuves suivantes. Sa série victorieuse appelait d’autres succès et sur ce point il a déçu. Au point que ses triomphes de début d’année sont passés à l’as.

 

La dernière impression laissée est toujours la plus prégnante. En 1979, Alan Jones avait régné sur la fin du championnat : 4 victoires lors des 6 dernières courses. A l’époque, personne ne se souciait du fait qu’il avait franchi la ligne d’arrivée dans les points à 2 reprises seulement lors des 9 premiers Grand-Prix. Jones était le héros de la fin d’année et il méritait le titre tout autant que Jody Scheckter. En 1979 comme en 2009, les rôles se sont inversés au sein de l’écurie en question (Williams en 1979, Brawn GP en 2009). Carlos Reutemann avait collectionné 4 podiums en début d’année pendant que Jones se cherchait. Puis l’Argentin avait fait chou blanc entre le 8è et le 15è Grand-Prix alors qu’Alan Jones se posait comme le pilote le plus véloce du moment. 30 ans plus tard, Button a endossé la combinaison du lièvre (Reutemann) et Barrichello celle de la tortue (Jones). A la différence près que l’Anglais a su conserver une avance nécessaire et suffisante pour être couronné (ce que Reutemann n’avait pu faire) avant la finale du championnat.

 

Au lendemain du sacre de Button, la Grande-Bretagne ne tarit plus d’éloges sur Jenson. Les questions d’hier ont laissé la place aux certitudes d’aujourd’hui. Vu de l’extérieur, Button doit aussi être perçu comme un grand pilote. L’esthète de la trajectoire a trouvé sa reconnaissance et même s’il la doit en partie à la FIA – qui a redistribué les cartes techniques en adoubant le double diffuseur – il a aussi et surtout su répondre présent lorsqu’il le fallait. Imaginez un seul instant que le champion 2009 soit Français, avec toutes ses hésitations techniques et humaines et avec tous ses travers. Un successeur à Alain Prost, dont le dernier titre remonte à 16 ans ? La France signerait des deux mains !

 

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