La FFSA réagit à l’annulation du projet de GP dans les Yvelines
Réaction de Nicolas
Deschaux, Président de la FFSA, sur l'annonce par le Conseil Général des
Yvelines de la fin du projet de circuit automobile.
La récente décision du
Conseil Général des Yvelines de renoncer au projet de circuit automobile à
Flins est bien évidemment une mauvaise nouvelle pour tous ceux qui pensaient
que ce complexe tourné vers l’automobile de demain, avec ses vocations
industrielles, mais aussi sportives et événementielles, représentait une grande
opportunité pour l’ensemble des acteurs du sport et de l’automobile.
La FFSA tient tout
d’abord à souligner le très important travail réalisé autour de ce projet,
notamment par le Conseil Général des Yvelines, et malheureusement trop souvent
dénigré par des attaques plus démagogiques que réellement justifiées et
constructives. De par la nature même du complexe dessiné par Jean-Michel
Wilmotte, de par toute la logique de transport tournée dès le départ sur l’idée
d’organiser un Grand Prix totalement relié à la capitale par les voies ferrées,
ce circuit représentait une innovation mondiale. Il permettait d’entrevoir ce
que seraient les nouveaux circuits développés en tenant compte à la fois des
contraintes sportives et événementielles, mais aussi des exigences d’intégration
dans un paysage et un environnement.
Au-delà de cette déception, cette situation appelle les remarques
suivantes :
- Sur le plan automobile, le projet de Flins avait vocation à être une
plateforme de recherche pour les constructeurs dans leur travail lié aux
nouvelles énergies. Par ailleurs, il faut rappeler que l’Ile de France, région
de 12 millions d’habitants, n’a aucun stade dédié à cette activité. Montlhéry a
été fermé à la pratique automobile sportive sans qu’aucune solution de remplacement
n’ait été trouvée. A ce jour, on constate une recrudescence des incivilités
routières. Il est clair que l’existence d'un stade automobile en région
parisienne permettrait de disposer d'un outil de formation aujourd'hui
cruellement absent.
- Sur le plan sportif, il est regrettable de voir que ce complexe, qui
intégrait évidemment une piste automobile, mais aussi la possibilité
d’accueillir d’autres grands événements médiatiques et pour lequel un
rapprochement et des discussions étaient engagés avec le CNOSF et ses instances
chargées du haut niveau, soit arrêté. C’est une occasion de moins pour la
France d’accueillir un grand événement.
- Sur le plan économique, alors même que la Corée du Sud vient de se mobiliser
pour accueillir en 2010 un Grand Prix de Formule 1, on peut s’étonner que ce
type d’événement, troisième spectacle médiatique au monde après les Jeux
Olympiques et la Coupe du Monde de Football, soit à ce point dénigré en France
par une certaine classe politique. Le dynamisme des pays asiatiques n’est pas
contestable, et la volonté de certains pays - comme le Japon, la Malaisie,
Singapour depuis 2008 ou la Chine depuis 2004 - à accueillir un Grand Prix de
Formule 1 témoigne que ce type d’événement n’est pas du tout, comme certains le
prétendent, une image du passé, mais, au contraire le symbole de la capacité
d’un pays à accueillir des événements valorisant notamment la haute
technologie.
- Sur le plan politique, le cas du circuit de Flins représente un grave
dysfonctionnement démocratique : alors même que de très nombreuses
procédures et enquêtes étaient déroulées pour étudier l’impact réel de ce
projet sur l’environnement, l’économie, les transports, les flux, il est
incompréhensible que certaines personnalités politiques ou médiatiques aient pu
s’exprimer de façon aussi tranchée sans véritable connaissance du dossier, et
semblerait-il par un souci électoraliste à court terme. Pourtant, un récent
sondage réalisé par l'institut IPSOS montre qu'une majorité de français est
favorable à l'existence des sports mécaniques, et ne considère pas que ceux-ci
doivent disparaitre pour des raisons environnementales.
Le rapport Augier « pour une politique gagnante des grands
événements » de juillet 2009
a conclu à la nécessité d’un Grand Prix de France de
Formule 1. Dès lors, une volonté nationale claire semblait acquise. La FFSA
peut regretter que cela ne soit visiblement pas le cas.