Ross Brawn, directeur technique et stratège de la Scuderia Ferrari, pense que les nouvelles réglementations concernant les gommes - un seul train pour les qualifications et pour la course - pourraient favoriser les dépassements, ingrédients essentiels dans tout bon spectacle de Formule 1.
Et Brawn de prendre pour exemple la victoire la plus fraîche de Schumacher, celle d’Hockenheim où le sextuple champion du monde a judicieusement utilisé son train de pneus en qualification, en le préservant pour le début de course.
« Chaque pilote doit prendre soin de ses gommes afin de ne pas trop les user, ni trop rapidement. Il sera intéressant de voir ce que cela donnera l’année prochaine lorsque nous n’aurons qu’un train de pneus à disposition pour toute la course. Cela signifie que le pilote devra penser à ses pneus dès les qualifications, afin de les amener en bout de course dans le meilleur état possible. »
Les différentes approches, ou adresses des pilotes, permettront probablement d’assister à des scénarii réversibles et évoluant sans cesse entre le début et la fin d’un Grand-Prix. « Il sera intéressant de voir comme les choses évolueront car certains pilotes taperont dans leurs pneus dès le début de la course pour creuser l’écart, et auront donc des pneus usés jusqu’à la corde en fin d’épreuve, alors que d’autres seront plus conservateurs, débuteront prudemment pour revenir sur la fin. »
Il vous suffit de vous remémorer d’Alain Prost : il passait la moitié de la course à donner l’impression qu’il n’était pas dans le coup et revenait sur la fin pour détruire tout le monde ! C’est à ce genre de scénario que l’on pourrait assister l’année prochaine. »
Une approche qui ne sera certainement pas pour déplaire au quadruple champion du monde Français, qui prône le retour à certaines bases pour la Formule 1 moderne, qui ont toujours renforcé le rôle du pilote : capacité à ne pas détruire ses pneus et ses freins, à forcer sa monoplace être sobre à une époque où les ravitaillements n’existaient pas. Prost excellait dans la préservation de ses gommes, et c’est pourtant lui qui est ironiquement à l’origine de l’invention des changements de gommes en course (qu’il voudrait voir proscrits aujourd’hui), lorsqu’il repassait par les stands en Afrique du Sud 1982 pour chausser des gommes neuves à la suite d’une crevaison.
« En fin de course certains pilotes seront sur des œufs et l’on pourrait alors assister à des dépassements » poursuit Brawn. « Michael et Rubens sont très forts dans ce domaine. Je ne suis pas certain que les pneus tendres aient bénéficié à Michael cette année, mais je suis certain que le feeling du pilote pour ses pneus et le besoin d’en tirer la quintessence sur 70 tours sera crucial. »