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Un processus de paix exige toujours des concessions des deux protagonistes – ainsi qu’une bonne dose d’intelligence saupoudrée de sagesse. Mais dans le cas de la guerre FIA/FOTA, l’enterrement de la hache de guerre passait inéluctablement par une marche arrière pure et simple d’une des deux parties sur au moins deux pommes de discorde majeure : le plafonnement des budgets et l’audit des écuries que les constructeurs percevaient comme une ingérence insoutenable. La FIA a opéré un virage à 180° sur ces points : budgets capés et épluchages des comptes sont jetés aux oubliettes de la F1 et la réduction des coûts sera ‘simplement’ une profession de foi.
Mais le repli de la Fédération Internationale de l’Automobile est allé encore plus loin et peut passer pour la première défaite de l’animal politique qu’est Max Mosley, en 19 ans à la tête de la FISA/FIA. Par un système de levier, la défaite de Mosley est aussi une grande victoire pour la FOTA, qui n’existait pas il y a 12 Mois. L’union et l’unité des écuries de Formule 1 avaient jusqu’à présent été un serpent de mer qui était toujours mort-né. Aujourd’hui, les écuries sont considérées par les hautes instances de la F1 pour de véritables partenaires qui ont voix au chapitre. La victoire de Mosley, celle sur laquelle il ne manquera pas de communiquer ? La F1 n'a pas volé en éclats !
Si Max Mosley a souligné que les dissidents ont consenti à « reconnaître le rôle de la FIA en tant que corps dirigeant du sport », la FOTA – dont l’existence n’a plus lieu d’être et qui devrait prochainement être dissoute ou simplement maintenir une cellule de veille – a gagné du terrain sur plusieurs fronts essentiels dans l’exercice du pouvoir, l’exécutif et le législatif de la F1. La commission (à laquelle des représentants des écuries siègent) pourra en effet jouer un rôle dans le processus d’établissement des règlementations. De plus, le pouvoir décisionnel subi une homothétie du fauteuil du Président de la FIA jusqu’au Sénat de la Fédération Internationale de l’Automobile. Enfin, les écuries ont eu la tête de Mosley, avec une minuterie réglée sur le mois d’Octobre 2009, date à laquelle le mandat du Britannique de 69 ans arrivera à son terme. Dans 4 mois, les écuries auront un autre interlocuteur. D’ici là, les querelles peuvent se taire, il ne fait nul doute que certaines négociations seront menées en 2010 pour le long terme, car les écuries de la FOTA ne se sont engagés avec la F1 que pour un court laps de temps (2012) pour un sport dont les règlementations techniques et sportives sont lourdes (parfois pesantes !) et longues à définir.
Autant d’avancées majeures qui font dire à Luca Di Montezemolo, directeur de la FOTA et président de Ferrari, « La satisfaction vient du fait que nos requêtes ont été acceptées. Pour nous, 3 éléments étaient importants : 1) Que la F1 reste la F1 et ne devienne pas la F3, 2) Qu’il n’y ait pas de dictature mais un choix de règlementations, acceptées par tous et non imposées, 3) Que tout propriétaire d’écurie soit consulté et ait une voix à faire entendre.
Et Di Montezemolo d’enfoncer par avance le clou dans le cercueil de la présidence de Max Mosley en poursuivant, « Mosley a annoncé qu’il ne se représenterait pas en Octobre et c’est une décision irrévocable ; à partir de maintenant il ne sera plus impliqué en F1. Nous aurons enfin une stabilité des règlements à partir de 2013. Nous remercions nos fans car le public en a marre de ces changements. L’unité des écuries et des constructeurs a été fondamentale. Ecclestone a dit qu’il donnait les cartes de la FOTA à ses chiens, Mosley a déclaré qu’il ne savait pas ce qu’était la FOTA. Tous deux ont tiennent un discours différent aujourd’hui. » |