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La FIA aurait pipé les dés lors du processus de désignation des 3 nouvelles écuries sélectionnées pour être intronisées dans l’Olympe du sport automobile sur circuit, la Formule 1. Les rumeurs galopent et se multiplient chaque jour qui passe depuis l’officialisation de la liste des 13 heureuses élues. Le petit monde de la F1 avait été surpris de constater que Prodrive, une écurie de course reconnue et au palmarès international richement garni, ne ferait pas partie de l’aventure, contrairement à Manor Motorsport, Campos Meta et USF1. Plusieurs écuries éconduites se sont déjà fait l’écho de pratiques douteuses et incompréhensibles de la part des hautes autorités.
Le couvercle de la marmite dans laquelle la FIA a soigneusement préparé la soupe qu’elle servira au public en 2010 est sur le point de sauter définitivement. Les ingrédients seront alors connus du grand public et de la justice Européenne qui pourrait être tentée, si elle était saisie du dossier, d’y mettre son nez et sa loi. En effet, quelques jours après la révélation de l’envoi d’un SMS compromettant (Lire notre article du 3 Juillet, ‘Virgin actionnaire de Manor’) par l’un des délégué de la FIA et représentant de Max Mosley, Alan Donnelly, le Telegraph dégoupille une nouvelle bombe à retardement sous la plume de l’un de ses plus éminent spécialistes, Chris Sylt. « On nous a dit que si nous voulions être sur la grille en 2010 nous devions signer un contrat de trois ans avec Cosworth ! » divulgue un patron d’écurie sous couvert d’anonymat.
Pire, un autre patron d’écurie explique « Je suis allé à la commission FIA de Londres, le 11 Juin, pour défendre notre candidature. Il ne m’a pas fallu longtemps pour réaliser que quelque chose d’étrange se passait. Juste avant d’entrer dans la salle de réunion, j’ai été averti par Tony Purnell [ndlr : conseiller auprès de la FIA] que pour que ma candidature ait une chance d’aboutir je devais déclarer que Cosworth serait mon motoriste pour 3 saisons. J’ai répliqué que j’avais la possibilité de passer un accord Renault, Mercedes ou Ferrari, mais il m’a clairement été signifié que le fait que Cosworth soit mon motoriste était une condition obligatoire à satisfaire. »
Sylt est parti à la pêche à l’information du côté de la FIA qui aurait été juge et partie dans la sélection des écuries et du motoriste unique. La Fédération Internationale de l’Automobile lui aurait répondu « La FIA a toujours considéré que la fourniture de moteurs par un indépendant à d’autres indépendants et aux nouveaux entrants était une priorité pour la nouvelle F1. Sans la fourniture de moteurs par des indépendants, toute la grille serait à la merci de l’industrie automobile et aucune écurie ne pourrait intégrer la F1 sans sa permission. Une fourniture de moteur par un indépendant est essentielle pour la santé de la F1. »
Le plus surprenant dans l’affaire ? La FIA aurait pu rendre sa démarche légale en effectuant un appel d’offre puis une désignation rapide du motoriste appelé à faire affaire avec les nouvelles écuries de Formule 1. En agissant sous le manteau et en écartant des candidatures pour des raisons fallacieuses, la FIA s’est mise elle-même dans une situation complexe qui ne manquera pas de déboucher sur une polémique, voire sur une action en justice si les écuries lésées ne souhaitent pas en rester là. Alan Donnelly aurait servi la cause de Manor Motorsport au travers de relations publiques et commerciales ciblées ayant pour socle fondateur obligatoire l’intégration de l’écurie dans le championnat du monde de Formule 1 avant même l’officialisation de la liste des 13. La FIA aurait jeté aux oubliettes les candidatures de toute écurie dont le moteur ne serait pas estampillé Cosworth. Le dossier d’accusation est suffisamment étoffé pour convaincre une cour de justice de se pencher sur la légalité d’un processus basé sur une concurrence déloyale. |