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Relégués à 6,5 secondes de Mark Webber à l’issue de la première journée d’essais de Barcelone, Fairuz Fauzy et Lotus ne distillent pas des signes encourageants pour débuter l’ultime semaine de préparation du championnat du monde de Formule Un de l’année 2010, celle qui marquera le retour de la prestigieuse marque sur l’Olympe du sport automobile après 16 années d’absence.
En obtenant pour toute meilleure performance un médiocre 1:28.002, Fauzy a enregistré un temps égal à 107,99% de la référence de la journée, signée Mark Webber (1:21.487). La boucle asthmatique de l’Indien l’aurait même placé derrière Romain Grosjean sur la grille de départ de la course GP2 Europe, en 2009 à Barcelone (1:27.510), derrière Lucas Di Grassi également. A bord de la Virgin Racing VR-01, le Brésilien n’a battu son temps de qualifications du GP2 que d’une demi-seconde mais a l’excuse, et la culpabilité, d’avoir planté sa F1 dans les rails après seulement 31 tours de piste.
Entre 1996 et 2002, la Fédération Internationale de l’Automobile avait doté la Formule Un d’une réglementation sportive stricte et destinée à écrémer les grilles de départ, à séparer le bon grain de l’ivraie et à éviter d’offrir un spectacle à deux vitesses avec d’un côté les écuries de pointe, de l’autre les faire-valoir. Tout pilote qui enregistrait un temps supérieur à 107% à celui de la pole position se voyait refuser l’accès à la grille de départ. La règle, plus souple dans la réalité des faits que dans son texte, n’était pas toujours respectée à la lettre mais était laissée à la discrétion de la direction de course. Avec cette règle des 107% en vigueur en 2010, à deux semaines de la manche d’ouverture du championnat du monde, Lotus serait-elle dans l’affreuse perspective de se rendre à Bahreïn avec une épée de Damoclès définitive planant au-dessus de la tête de ses pilotes ? Rien n’est moins sûr. D’une part car ce n’est pas manquer de respect à Fauzy d’affirmer qu’il rend plus d’une seconde au tour aux pilotes titulaires Lotus, Jarno Trulli et Heikki Kovalainen.
D’autre part car la T127 n’a pas encore fait étal de son potentiel, affirment en chœur Fauzy et son directeur technique, Mike Gascoyne. « Nous avons simplement fait des mesures lambda sur le moteur dans la matinée, nous avons vérifié les systèmes embarqués, avons fait nos premiers départs et avons évalué d’autres paramètres comme les températures et les pressions » rassure l’ingénieur Anglais.
« Je pense que j’aurais pu tourner dans les 1:26 si j’avais eu encore une chance de conduire » estime Fauzy en servant une arithmétique peu convaincante, « L’auto a un plus grand potentiel mais une modification mineure prend beaucoup de temps en F1. J’ai trouvé beaucoup de temps pour passer de 1:30 à 1:28 et abaisser mon temps de 2 secondes supplémentaires était certainement envisageable. »
Jarno Trulli, qui a pris le volant ce matin à Barcelone, permettra d’avoir une véritable estimation du potentiel de la T127. Pour Virgin Racing, il sera également temps de convertir les discours optimistes en vérités chronométriques. Il en va de la réputation des nouvelles écuries acceptées sur les grilles de départ F1, qui a déjà subi une secousse d’une forte amplitude avec le plan de sauvetage de dernière minute de Campos et celui, encore incertain d’USF1, deux écuries qui n’ont pas encore présenté leur monoplace de la saison. |