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La TF107 était-t-elle une bonne voiture mal exploitée par ses pilotes ? L’hypothèse avancée par Bernie Ecclestone est invérifiable. Elle part d’un axiome : que ni Jarno Trulli ni Ralf Schumacher, malgré leur expérience et leur coup de volant, malgré leurs styles opposés qui ont permis de balayer un large éventail de solutions, ont été impuissants à tirer la quintessence du package que Cologne leur proposait d’amener vers des sommets cette année. Personne ne saurait l’affirmer avec certitude, mais nul ne peut écarter cet axiome en l’état actuel des choses.
La TF107 s’est ponctuellement montrée compétitive. Sa sphère de compétence suivait – à distance respectable – l’orbite de celle de la Ferrari F2007 : les changements d’assiette brutaux provoqués par le passage sur des vibreurs cassants ou des bosses sapaient ses qualités intrinsèques. La TF107 ne bénéficiait pas de l’aérodynamique léchée et perfectionniste de la monoplace de Maranello pour compenser ses défauts, et elle se montrait particulièrement capricieuse avec les gommes.
« Personne ne sait quelle était la compétitivité de la Toyota en réalité. Peut-être que c’tait une bonne voiture et que les pilotes n’ont pas pu en tirer la quintessence » avance Ecclestone au site officiel de la F1. Toyota a parfois semblé apporter de l’eau au moulin du patron de la FOM en expliquant qu’elle était la 4è force du plateau, voire même la 3è – au soir des premiers essais libres d’Istanbul, forte des 3è et 4è meilleurs chronos de Ralf et Jarno, Toyota pensait tenir le bon bout, avant de s’effondrer en qualifications, pour une raison inconnue. « Nous avons du pain sur la planche pour comprendre ce qui s’est passé depuis la fin des derniers essais libres où nous étions très compétitifs » avouait Pascal Vasselon, directeur technique châssis Toyota après les essais libres 1 & 2 disputés sur le Istanbul Park. « Les choses ont commencé à mal tourner lorsque nous avons monté les pneus options à la fin des essais libres de la matinée et que nous n’avons pas gagné autant de temps que les autres écuries. Les choses sont restées en l’état pour les qualifications. »
Affirmer être la 4è force du plateau et terminer l’exercice 2007 au 6è rang, avec le tiers du total de points enregistré il y a 12 mois, et 7 fois moins de points qu’en 2005, est l’aveu de la présence d’un maillon faible, qui a fait céder la chaîne de l’espoir chez Toyota. A la décharge de Trulli et Schumacher, Toyota a avoué n’avoir pas accouché de la monoplace la plus vertueuse qui soit. Les essais hivernaux étaient particulièrement alarmants mais les équipes techniques et d’exploitation ont su redresser la barre avant le premier rendez-vous de la saison régulière. A Melbourne les deux TF107 ont récolté à la régulière les 8è et 9è places des qualifications et de la course.
Ralf et Jarno sont-ils responsables de la perte d’une seconde entre les essais libres 2 d’Istanbul et les qualifications (0,3 à 0,4 dixièmes de seconde les séparaient des meilleurs performeurs du jour le Vendredi, le passif s’élevait au mieux à 1,4 seconde 24 heures plus tard) ? Leur coup de volant ne s’est pas évaporé dans la chaleur d’Istanbul à raison de 1 seconde au tour, mais ont-ils manqué de ressources techniques et de solutions originales pour contourner les lacunes de la TF107 ?
Seul moyen pour le savoir : comparer les solutions et les temps au tour des 2 titulaires 2007 avec une valeur étalon reconnue. Une hypothèse de travail en forme de fantasme de fan, qui n’a jamais été possible en Formule 1. « Si j’étais eux j’essaierais de demander à quelqu’un comme Michael Schumacher de venir rouler trois jours et de me dire ce qu’il en pense » avance Ecclestone en prenant un exemple frappant, « Regardez la situation chez Renault en 2005 et 2006. Avec seulement Fisichella ils n’auraient jamais su combien leur voiture était bonne. » |