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Neuf pilotes ont reçu une pénalité de 5 secondes à l’arrivée du Grand-Prix d’Europe disputé le week-end dernier sur le circuit de Valence. La majorité d’entre eux se suivant dans le classement, l’ordre d’arrivée du Grand-Prix d’Europe n’a pas été fondamentalement bouleversé – Alonso a gagné une place, Buemi en a perdu une, Rosberg est rentré dans le top 10 et De La Rosa en a été éjecté. L’ampleur de la sanction était à la discrétion de la FIA. Une pénalité de 25 secondes – qui a souvent cours en cas d’infraction à la réglementation, une fois le drapeau à damier abaissé – aurait propulsé Alonso à la 4è place, mais l’intention de la FIA n’était pas de modifier en profondeur la conclusion du GP d’Europe mais avant tout de faire respecter la réglementation tout en se montrant compréhensive par rapport à une règle qui n’est pas adaptée à tous les scénarii de course.
En effet, les neufs coupables (Kubica, Button, Barrichello, Hülkenberg, Sutil, Liuzzi, Buemi, Petrov, De La Rosa) n’ont pas (tous) enfreint le règlement par choix mais par obligation. Ils ont tous été convaincus d’avoir bouclé le tour de rentrée aux stands trop rapidement alors que la voiture de sécurité devait entrer en scène. Au moment de l’annonce de la sortie de cette dernière, les quatre premiers de la course (Sebastian Vettel, Lewis Hamilton, Fernando Alonso et Felipe Massa) entamaient leur 10è tour et ne pouvaient envisager de rentrer aux stands. Au contraire, à partir du 5è classé, Robert Kubica et ses poursuivants les plus proches étaient tous dans une situation géographique adéquate pour s’engouffrer dans les stands à temps. Kubica (5è) n’accusant que 2 secondes de retard sur Massa (4è), là se pose la question de la gestion de la course par la Scuderia Ferrari qui n’aurait pas été assez prompte pour signifier à ses pilotes qu’une neutralisation était imminente… D’autres pilotes, qui était au début du dernier secteur, ont moins d’excuse d’avoir rallié rapidement les stands mais ils se sont laissé entraîner par le flux des voitures qui les précédaient.
Le train emmené par Kubica avait donc bouclé 95% de son tour à vive allure sans enfreindre le règlement et ce n’est que dans les dernières centaines de mètres qu’il a été prévenu de l’entrée en piste de la voiture de sécurité (d’après nos sources chez McLaren, Force India et Renault, Button, Sutil et Kubica abordaient l’avant-dernier virage au moment de l’annonce). Il lui était physiquement impossible de respecter la réglementation sportive qui stipule qu’un tour de rentrée aux stands lors d’une neutralisation doit être d’environ 20% supérieur à un tour normal. Dura lex sed lex ! Les 9 pilotes sont tombés sous le coup de la loi. Mais la FIA a prouvé par sa clémence (seulement 5 secondes de pénalité) qu’elle était consciente des lacunes de sa réglementation. Ce n’est que l’un des innombrables chantiers que le nouveau président de la FIA, Jean Todt, devra mener à bien pour mettre de l’ordre dans une F1 que Max Mosley ne regardait que par la lorgnette politique ! |