| Un 700è Grand-Prix de la Scuderia pour un 7è titre de Schumacher. Que rêver de mieux ? Une victoire ! Michael Schumacher avait le sourire crispé à sa descente de podium. Certain d’être couronné pour la 7è fois cette année, son 5è sacre de rang avec Ferrari, le néo-septuple champion du monde voulait parapher son œuvre par une victoire, qui plus est sur son circuit fétiche de Spa-Francorchamps, celui-là même qui l’a vu débuter en Grand-Prix et remporter sa première victoire en Formule Un.
Michael n’a cependant rien à se reprocher. Son départ ne fut pas un modèle du genre mais il ne pouvait résister à plusieurs concurrents moins chargés en carburant et en gommes tendres en début de course. La physionomie de la course a donné tort à son choix de gommes, les plus dures n’étant pas l’idéal pour s’extirper de la grille de départ et imprimer le rythme en début de course, ni pour coller au leader lors des nombreuses rentrées aux stands du safety car. Dans une course à élimination, Michael peut cependant s’estimer heureux de n’avoir pas eu à essuyer un incident comme ce fut le cas de la plupart des concurrents, à commencer par son coéquipier Rubens Barrichello.
Heurté par Mark Webber à a Source lors du départ, le Brésilien devait repasser par les stands pour faire changer son aileron arrière et réintégrait les rangs du peloton en dernière position. Propre et rapide, sauf lors des re-starts – comme à Indianapolis – le Brésilien effectuait cependant une belle remontée, qui, bien aidée par les multiples abandons, le menait sur la dernière marche du podium. Le petit espoir de titre, auquel personne ne croyait, est désormais envolé. A tête reposé, Rubens ne pourra qu’en être soulagé : sa contribution à la marche triomphale du cheval cabré saura être récompensée en fin de saison, avec, pourquoi pas, un succès sur ses terres à Interlagos, rêve que caresse Rubens depuis plus de 10 ans.
Michael Schumacher (2è / 1.56.304) :
Chaque titre est différent et ils me procurent tous des émotions diverses et variées. Celui-ci est très spécial, car venir ici à Spa représente tellement pour moi et le décrocher pour la septième fois à l’occasion du 700è Grand Prix de Ferrari a quelque chose de particulier. Je suis très fier de l'avoir obtenu avec une équipe aussi exceptionnelle, qui a effectué un travail étonnant. Regardez ce qu’ils ont fait pour que Rubens reste en piste ! En fait, Rubens a effectué une super course aujourd'hui. C'est ce qui rend notre équipe si forte. Naturellement, j'aurais préféré décrocher le titre avec une victoire, mais ça n'a pas été possible. Le meilleur a gagné aujourd'hui, mais je suis tout à fait satisfait de ce que j’ai réalisé. Les trois hommes sur le podium aujourd’hui ont des raisons de célébrer l’évènement. Sur la piste, j'ai lutté pour obtenir des pneus à la bonne température et avec la pression nécessaire quand nous étions derrière le safety car. Ce n'était pas une surprise pour nous, car il faisait frais aujourd'hui.
Rubens Barrichello (6è / 1.58.175):
En ce moment, il est difficile pour moi de décrire ce que représente ma troisième place après tout ce qui s'est produit au départ. C'est un sentiment magique. L'équipe me parlait comme si nous discutions dans un salon, me disant de garder mon calme et m’expliquant ce qu'ils faisaient. Si j'ai été malchanceux avec l'accident, j’ai plutôt été chanceux avec la voiture de sécurité. Je n'étais pas sûr de ce qui s'était produit, mais j’ai senti que la voiture se baladait d'un côté à l'autre et il s’est avéré qu’un pneu avait crevé et que mon aileron était aussi endommagé. L'équipe a pris la bonne décision en changeant le pneu et puis en me faisant revenir pour l’aileron. Après cela, j'ai eu du mal à rattraper les autres voitures. L'équipe a fait un travail superbe et j'ai continué tout le temps à donner le maximum. Ma voiture était réellement très bonne indépendamment du petit problème pour chauffer les pneus.
Jean Todt :
Ce fut une course incroyable et mouvementée, avec pas moins de trois sorties pour la voiture de sécurité suite à des incidents. En fin de compte, nous avons décroché la deuxième place avec Michael et la troisième avec Rubens. Ce résultat signifie donc que Michael remporte pour la cinquième fois consécutive le titre Pilotes avec Ferrari, le septième de sa carrière, alors que Rubens consolide sa deuxième place au classement. De nouveau, la course a démontré que les pneus Bridgestone étaient très fiables. Je suis satisfait de voir également Massa et Fisichella finir quatrième et cinquième, ce qui doit être une grande satisfaction pour mon ami Peter Sauber. Cela implique que quatre de nos moteurs ont fini dans le top cinq. Évidemment, nous nous étions habitué au goût de la victoire cette saison, mais je dois dire que les quatorze points d’aujourd’hui sont particulièrement satisfaisants et significatifs. À Budapest, nous avons gagné le titre Constructeurs et ici, Michael remporte celui des Pilotes. Cette équipe écrit un chapitre unique dans l'histoire de Ferrari et c’est la raison pour laquelle je veux remercier le Président Montezemolo, nos pilotes, nos actionnaires et nos associés. Sans leurs appuis et leurs efforts, nous n’aurions pas pu réaliser ce que nous avons fait.
Ross Brawn :
Ce fut une course très prenante, sans aucun moment de répit dans les stands. Je pense que Michael a été prudent, essayant de ne prendre aucun risque inutile. Il savait qu’il devait simplement finir devant Rubens et c’est ce qui s’est produit. En outre, les trois périodes de sortie de la voiture de sécurité ne nous ont pas aidés, parce que dans ces moments-là, nos pneus n’atteignent pas la température adéquate immédiatement. Rubens a effectué une course vraiment impressionnante : finir sur le podium après ce qui s'est produit au début et avec ses deux arrêts au stand consécutifs est fantastique. McLaren était aujourd'hui très forte, mais il aurait été intéressant de voir ce qui se serait produit dans un combat sans intervention du safety car. De toute façon, nous ne pouvons pas ne pas être satisfaits d'une deuxième et troisième place. Je suis très fier de cette équipe. Ce que nous avons réalisé au cours des six dernières années représente quelque chose d’incroyable.
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