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Le 11 Décembre dernier, Max Mosley prenait position contre Ferrari et brocardait son opposition au KERS. La réponse, sur le terrain économique, est cinglante.
La Formule 1 doit réduire ses coûts. La règle est d’or ; elle est édictée et imposée par la FIA aux écuries du championnat du monde de Formule 1. Elle connaît cependant une entorse, pratiquée par son propre inventeur, Max Mosley. Le président de la Fédération Internationale de l’Automobile a en effet mis en demeure les écuries de travailler à l’élaboration d’un système de récupération et de restitution d’énergie cinétique (KERS) dans le but de doter la F1 d’une dimension verte – la consommation de carburant pourrait baisser de 10 à 20% en fonction des circuits et des conditions d’utilisation. Mais dans un contexte économique redoutable pour les constructeurs automobiles et pour la Formule 1, certaines voix s’étaient élevées contre le coût d’un tel projet qui n’a jamais été mis en pratique en sport mécanique.
Si bien qu’avant la tenue du Conseil Mondial du Sport Automobile, le 12 Décembre, un doute planait quant à l’utilisation du KERS en Grand-Prix en 2009. La FIA a laissé la porte ouverte : le KERS peut être exploité en 2009, mais n’est pas obligatoire. Elle a également laissé entrevoir la possibilité d’un KERS standard à l’horizon 2010. Ce qui rendrait caducs les recherches et développement des écuries dont le KERS ne sera pas celui adopté par la F1 dans 2 saisons ! Payer rubis sur l’ongle un système qui sera jeté aux oubliettes dans 12 mois prend à rebours la priorité actuelle de la FIA, à savoir la réduction des coûts de fonctionnement de la F1.
Peu importe, Max Mosley n’aime pas les dissidents et il a récemment fustigé la frilosité de Ferrari en tentant de mettre dans son camp des icônes du sport automobile… hélas disaprues. « Nous devons absolument réduire les coûts et réinsuffler de l’innovation dans le système. Avec le KERS, nous avons enfin trouvé un défi intéressant pour les écuries au niveau de l’ingénierie. Certains constructeurs ont relevé le gant, et l’un d’eux a produit un système électrique qui étonnera les gens lorsqu’il sera révélé au grand jour ; une autre écurie travaille sur une technologie entièrement nouvelle qui fera également son effet » expliquait Max Mosley lors d’une réunion d’affaires à Monaco, « Mais certaines écuries leaders, telle que Ferrari, ont déclaré qu’elles n’aiment pas le KERS car il est trop compliqué. Pouvez-vos imaginer de grands ingénieurs de la F1 comme Colin Chapman (NDLR : Fondateur de Lotus et génial inventeur de plusieurs avancées technologiques comme les jupes coulissantes) ou Keith Duckworth (cofondateur de Cosworth en 1958, avec Mike Costin) dire ‘Je ne peux pas le faire car c’est trop compliqué’ ? C’est un symptôme d’un mal qui frappe la F1, où l’addition de petites modifications devient le véritable objet de l’exercice et ou la véritable innovation ne joue aucun rôle. »
Les techniciens de Maranello ont répondu à Max Mosley sur le terrain économique, hier à l’occasion d’une rencontre organisée avant les agapes de fin d’année. « C’est un défi remarquable mais son coût dépasse nos prévisions » expliquent en chœur les techniciens de la Rossa, Aldo Costa (directeur technique), Gilles Simon (directeur des départements Electronique et Moteur, et Nikolas Tombazis, concepteur. « En ce qui concerne le moteur et l’électronique, les coûts sont moindres, mais avec le KERS nous dépensons bien plus que ce que nous avions prévu. Nous travaillons sur un système de récupération d’énergie. Nous sommes un peu en retard sur notre planning mais notre objectif est d’être prêts avec un KERS opérationnel dès la 1ère course qui se disputera en Australie. En attendant nous évaluons également l’auto sans KERS. » |