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Le TGV, ou Train du Grand Vettel, est entré en gare de l’excellence en s’appropriant sa 7è pole position de la saison sur le circuit du Hungaroring. Le jeune Allemand a atomisé la concurrence, ce qui inclut Mark Webber, aperçu 6 caténaires plus bas. Décoiffé par la vitesse de Vettel, Alonso fait néanmoins une bonne opération en positionnant sa Ferrari sur le côté propre de la piste, dans les échappements de Vettel. Deux champions du monde ont été mangé à la sauce Goulasch, Jenson Button et Michael Schumacher, qui ne se sont pas invité à la table du top 10 des qualifications du 25è Grand-Prix de Hongrie. Comme toujours depuis le début de la saison, en course seule Red Bull Racing pourra battre Red Bull Racing…
Météo : Soleil et nuages
Air : 25-26°C
Piste : 35-42°C
Vent : 0,2-3,6 m/s
Humidité : 56-60%
Quand Vettel rebaptise le TGV
Avec sa 7è pole position, la 4è consécutive après celles des GP d’Europe, de Grande-Bretagne et d’Allemagne, Sebastian Vettel est encore loin du record de Nigel Mansell – 14 pole positions en une saison, en 1992 – et ne pourra pas égaler le pourcentage de réussite stratosphérique du Lion Britannique dans l’exercice du tour rapide (87%). Mais l’Allemand se pose comme l’une des plus principales locomotives à grande vitesse de l’histoire du championnat du monde. Après avoir dominé l’intégralité des essais libres – il n’a dû qu’au trafic de laisser échapper le meilleur temps de l’ultime séance d’entraînement – ainsi que la Q1 où il plantait un premier jalon dans le cuir de l’autre taureau rouge en le reléguant à 7 dixièmes de seconde, Vettel a laissé les miettes de la Q2 à Webber. Comme pour mieux laisser espérer sa proie avant de l’occire.
« J’ai fait de mon mieux, je n’ai certainement pas fait le tour le plus propre mais c’est ainsi. Je suis quand même bien placé » avance Webber en faisant contre mauvaise fortune bon cœur.
De lutte il n’y a pas eu entre les deux hommes mais l’Australien n’est pas du genre à se laisser impressionner. Globalement plus solide en course que son cadet, Mark sait que sa meilleure chance de passer devant Vettel au championnat (les deux hommes sont à égalité et celui qui virera en tête avant la pause estivale prendra un léger ascendant psychologique) sera de le faire trembler au moment de l’extinction des feux où Vettel a souvent disjoncté. L’embrayage était trop agressif en Grande-Bretagne et en Allemagne, et Sebastian s’est tiré une balle dans le pied à Silverstone en tentant de résister inutilement à Webber, à Hockenheim en se concentrant sur le seul Alonso et en ouvrant un boulevard à Massa. Le taux de conversion de la pole position en victoire est maigre pour le tandem Red Bull Racing/Vettel : 1/6 ! Le manque de fiabilité, humaine autant que technique, a souvent eu raison du talent brut de l’équipage et la seule mission que Vettel se doit de satisfaire à Budapest demain est de ne pas boire la tasse sur les bords du Danube. Sans erreur grossière de sa part ou de celle de son équipe, il sera sur les rails de la victoire même si les Ferrari d’Alonso et de Massa et la McLaren d’Hamilton, rangés en rang d’oignon de la 3è à la 5è place, sont généralement plus compétitives dans leur configuration course.
La température joue avec les nerfs du cheval cabré
A 5 minutes de l’ouverture de l’allée des stands du Hungaroring, la température au sol affichait un fier 42°C. Une aubaine pour les Ferrari F10 qui pédalent dans le goulasch pour faire monter leurs pneumatiques dans la bonne fenêtre de température ? Que nenni ! Le mercure avait perdu 7 unités après la Q1. La couverture nuageuse a joué contre les couvertures chauffantes de la Rossa et si Alonso et Massa ont bien pris soin d’effectuer plusieurs tours consécutifs dans chacune des phases qualificatives, ils n’ont jamais trouvé la meilleure adhérence. Jenson Button a souffert du même mal et n’a pas su compenser les faiblesses de sa MP4-25 comme le fait Lewis Hamilton et son style inimitable fait d’un mélange subtile d’agressivité et de funambulisme. Piégé en Q2, Button a pour seul consolation de pouvoir choisir la spécification de pneus avec laquelle il prendra le départ.
Martin Whitmarsh le craignait en début d’après-midi : « En cas de malchance, l’un de nos pilotes pourrait passer à la trappe avant la Q3 » avait prévenu le directeur général de McLaren. « La 5è place était mon objectif » reconnaît Hamilton, « Enfin, la pole est toujours votre objectif, mais les Red Bull Racing sont impossibles à battre. Elles sont 1,7 secondes devant nous ! Avec Jenson, on a regardé les caméras embarquées et on a rigolé ! Je ne sais pas ce qu’ils font mais c’est incroyable ! »
Incroyable mai vrai, c’est aussi la formule de choix pour qualifier la performance de Vitaly Petrov qui se permet le luxe – alors qu’il est sur la sellette chez Renault – de devancer Robert Kubica. 7è devant le Polonais, Petrov tient en Hongrie sa chance d’assurer la suite de sa carrière en Formule Un. « On savait que l’auto serait rapide ici et nous avons de nouvelles pièces qui apportent un plus. On ne pense jamais à battre son équipier, on se concentre su son tour. Mais je connais bien ce circuit et ça a bien marché » explique le Russe avec modestie.
La modestie, c’est le sentiment que Red Bull Racing a fait naître chez tous ses adversaires en Hongrie. C’est aussi celui qui devra l’animer au moment du départ et de la gestion de la course. |