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Le circuit le plus moderne du championnat du monde de Formule 1, le Yas Marina d’Abou Dhabi, ne plaît pas. En grattant sous la surface d’un décorum gigantesque qui peut parfois paraître obscène au public du berceau de la Formule 1, pilotes et observateurs s’aperçoivent que l’essentiel, à savoir le tracé, est le parent pauvre du complexe sorti de terre sur l’île Yas. Un comble pour un investissement global de €45 millions !
Comme toutes les prévisions pouvaient le laisser entrevoir, le circuit d’Abou Dhabi propose un tracé fade et sans intérêt pour le pilotage. Une fois oublié le tape à l’œil du Yas Marina, les pilotes n’ont pas vraiment goûté aux joies d’un site certes pharaonique mais qui a brisé en deux la moelle épinière de tout circuit de course automobile qui se respecte. Personne n’aurait demandé à ce que le Yas Marina puisse prétendre prendre place dans le cercle très fermé des circuits mythiques du championnat du monde de Formule 1, à l’instar d’un Spa-Francorchamps ou d’un Suzuka. Mais le Yas Marina ne rivalise même pas avec la dernière génération – Shanghai, Istanbul – et peut coiffer le bonnet d’âne de la F1.
Pour Sebastien Vettel, « La sortie des stands est le virage le plus compliqué du circuit ». Prendre pour exemple un virage où la vitesse est limitée et dont le dessin est secondaire au regard de la piste elle-même en dit long sur la complexité du tracé… Robert Kubica s’étonne quant à lui que « La sortie des stands soit si tordue. Je ne comprends pas pourquoi elle est si éloignée. Elle est très dangereuse, on ne voit pas si quelqu’un arrive en entrant sur la piste. »
D’autres, plus conciliants et politiquement corrects, soulignent la beauté du site, notamment une fois la nuit venue, que personne n’oserait contester. Les communications officielles des écuries ne manquent pas d’éluder la question ou de mettre en avant le faste d’Abou Dhabi. « Il y a un côté inhabituel comme le tunnel et le fait de commencer de jour et de finir de nuit » explique pudiquement Sébastien Buemi. Son équipier chez Toro Rosso, Jaime Alguersuari, ose une comparaison avec le vilain petit canard du calendrier, Valence, qui ne fait rien pour faire monter la cote d’Abou Dhabi. Mark Webber résume la situation en déclarant tout de go « Bon, c’est clair ce n’est pas Spa-Francorchamps, mais heureusement ce n’est pas non plus Bahreïn ! »
Disserter sur la plastique de la passerelle de commandement ou de la salle de presse, du scintillement des 5 étoiles d’un hôtel qui se reflète dans le Golfe la nuit tombée ne fait qu’amplifier l’impression de vide sidéral laissé par le Yas Marina, emblème du circuit moderne (qui propose 50.000 places assises, preuve s’il en était que son but n’est pas l’affluence) qui a pensé en premier lieu au télégénique et en dernier recours au pilotage.
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