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Qui refuserait d’être membre de l’écurie officielle de l’un des plus grands constructeurs automobiles mondiaux, l’un de ceux dont la culture du sport automobile remonte au début du moteur à explosion, une écurie qui est championne du monde en titre et qui vient d’allier sa puissance technique à une nouvelle vigueur économique ? Réponse, Jenson Button ! Pour le reste, les pilotes se bousculent au portillon de la future ex Brawn GP, rebaptisée Mercedes GP.
« La reprise de Brawn GP est une œuvre maîtresse. Maintenant, il est important de procéder de la même manière en analysant minutieusement le line-up de pilotes. Avec le départ de Button, Rosberg est leur seul pilote à l’heure actuel – il est très bon, c’est certain, mais les bons deviennent encore meilleurs avec un équipier qui leur donne du fil à retordre 24 heures sur 24 » analyse Niki Lauda sur le site officiel de la F1. Le triple champion du monde semble enfoncer une porte ouverte mais il convenait de la rouvrir en grand car elle menaçait de jouer sur ses gonds dernièrement.
Plusieurs noms ont circulé pour épauler Nico Rosberg, qui ne se situent pas au même niveau d’expérience, de valeur ajoutée pour le constructeur de Stuttgart, ni de talent intrinsèque. Kimi Räikkönen occupe logiquement le haut de la liste. La maestria du champion du monde 2007 ne s’est pas émoussée malgré deux années de purgatoire chez Ferrari. Mieux, les traversées du désert ne mordent pas le cuir épais du Nordique, mais décuplent sa volonté de retrouver les sommets. Son arrivée triomphale chez le Cavalino Rampante – alors qu’il devait assurer la succession de sa Majesté Michael Schumacher –, après une nouvelle saison miséreuse chez McLaren Mercedes, en est le plus vibrant exemple. La pierre d’achoppement concerne les émoluments réclamés par le Finlandais, ainsi que la frilosité de l’homme venu du froid envers une maison qu’il ne connaît pas. Le bureau directeur de la firme à l’étoile a mis une enveloppe entre les mains de son directeur général, Dieter Zetsche. Trop petite pour Räikkönen ou le pilote d’Espoo se laissera-t-il convaincre par un défi aux risques mesurés et potentiellement historique ?
Les restrictions budgétaires de Mercedes l’ont amené à se tourner vers un pilote moins onéreux et dont la vertu première ne serait pas la cote au sein du paddock ni la réputation de vélocité. La fibre patriotique de Mercedes pourrait faire écho à celle de McLaren qui affiche fièrement un tandem 100% Britannique, Hamilton/Button. Un binôme Rosberg/ Heidfeld ou Rosberg/Sutil ?
Avec Nick, Mercedes pourrait dire que la boucle est bouclée. L’Allemand était entré dans le giron Mercedes dans les formules inférieures et jusqu’à sa 2è année de Formule 1. Puis l’étoile lui avait préféré un certain Räikkönen, son équipier de l’époque chez Sauber, lorsqu’il avait fallu trouver un digne successeur à Häkkinen. La revanche d’Heidfeld serait une belle histoire mais la F1 s’embarrasse peu de ce genre de considération. Heidfeld est rapide et solide, son bagage technique est étoffé et ce sont autant d’atouts qui pourraient décider Ross Brawn et Mercedes à faire confiance au lutin de Mönchengladbach.
Adrian Sutil jouit d’une meilleure cote que son aîné. Parce que à l’aube et non au crépuscule de sa carrière comme son compatriote mentionné ci-dessus, parce que rapide et naturellement doué comme l’ont démontré ses prouesses répétées sous la pluie. Adrian est moins transparent qu’Heidfeld dans les opérations de relations publiques – le sang Uruguayen dont il a hérité de sa mère n’est certainement pas étranger à sa bonne humeur naturelle. Mais du haut de ses 52 Grand-Prix, a-t-il suffisamment d’expérience aux yeux de Ross Brawn ? C’est cette dernière qui avait décidé le patron Anglais à écarter la candidature de Bruno Senna au profit de celle de Barrichello, il y a 10 mois. Avec la paire Heidfeld/Sutil, le curseur se déplacé vers le 2è nommé pour 2 raisons : Adrian est bien plus expérimenté que Senna et Barrichello était un vainqueur de GP, contrairement à Heidfeld.
Mercedes a fait l’erreur capitale de dédaigner Nico Hülkenberg et de le laisser à la concurrence. Nul doute que l’Allemand sera courtisé par les plus grands dans les trois prochaines années. En attendant, la candidature d’Adrian Sutil s’est renforcée cette semaine lorsque Force India a confirmé ce qu’Automoto365 vous annonçait en avant-première : un test offert à Paul Di Resta, au début du mois de Décembre à Jerez de la Frontera. L’Ecossais est un protégé de Mercedes. Force India aurait tort de se faire tirer l’oreille par son motoriste et fournisseur technique. Avec le champion F3 Euro Series 2006, elle détiendrait l’un des Britanniques les plus véloces et motivés de la planète sport automobile.
La piste Michael Schumacher ? La farce de cette fin d’année 2009 ! Oui, Mercedes jubilerait d’arracher le septuple champion du monde de Formule 1 des sabots du cheval cabré. Elle ne le placerait probablement pas dans l’un de ses baquets – comme elle a rêvé d’y parvenir pendant une décennie – mais plus probablement à un poste clef du management sportif de l’écurie.
L’alternative ? En restant fidèle à son idée première et à sa philosophie – l’expérience du très haut niveau pour vertu première –, Ross Brawn pourrait se laisser séduire par un Jarno Trulli. L’équivalent de Barrichello en 2009. Mais Rosberg sera-t-il le pendant de Button ? « Ils doivent faire très attention » prévient Lauda, « Ils doivent essayer d’avoir un pilote top dans le second cockpit. Autrement, l’avantage pourrait basculer du côté de Red Bull et de Vettel. Je n’ai pas cru qu’il y avait une once de vérité [dans la candidature de Schumacher], au moins avec les signaux que je perçois. Il y avait une fenêtre de tir avec l’accident de Felipe Massa et si Michael avait été en bonne forme physique il aurait tenté sa chance pour 3 ou 4 courses. Afin de se prouver quelque chose à lui-même, pour l’adrénaline, et pour voir om il se situerait dans la hiérarchie. Mais je ne pense pas qu’il ferait une saison complète. »
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