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La condamnation qui s’est abattue sur Schumacher telle la foudre, Samedi soir peu avant minuit et après 8h d’enquête et de délibération, était jusqu’à ce soir une boîte noire sujette à caution : sur quels chiffres et données de la télémétrie le collège des commissaires du Grand-Prix de Monaco basait-il son argumentaire ? Privés de preuves tangibles, les professionnels de la Formule Un et le public pouvaient légitimement entretenir le doute quant au bien-fondé de la décision ayant jeté l’opprobre sur le septuple champion du monde, qui se défend d’avoir délibérément arrêté sa voiture en piste pour empêcher Fernando Alonso de lui ravir la Pole Position.
Les chiffres clefs ont été révélés aujourd’hui par Joaquin Verdegay, l’un des trois commissaires ayant été en charge de l’affaire Schumacher à Monaco. « C’était une décision douloureuse car nous ne pouvions pas commettre de faute et mettre la réputation d’un pilote en danger » explique Verdegay à la Gazzetta dello sport.
« Nous ne savons pas si la totalité de la manœuvre était volontaire, mais à cet endroit précis à ce moment précis il n’a pas agi comme durant tout le week-end : il a freiné plus de 50% plus fort que lors de ses autres tours. Il a ensuite contrebraqué de manière pathétique et inutile sur 5 mètres, jusqu’à ce qu’il n’ait plus aucune chance de prendre le virage normalement. Il a perdu le contrôle de sa voiture à 16km/h, ce qui est totalement injustifiable ! » révèle Verdegay, chiffres à l’appui, en levant une grosse partie du voile entourant cette ténébreuse et triste affaire.
« Le moteur a calé parce qu’il le voulait bien, en laissant s’écouler suffisamment de temps avant de débrayer. L’excuse selon laquelle il n’a pas engagé la marche arrière car il y avait du trafic n’est pas logique. »

Schumacher et la Scuderia Ferrari ont laissé entendre que les commissaires n’avaient pas tous les éléments en main pour comprendre ce qu’il s’était passé dans le feu de l’action. La meilleure et la seule manière de disculper le septuple champion du monde serait, pour l’écurie de Maranello, de produire ces preuves et le cas échéant de les rendre publiques.
Mais Ferrari a clairement fait entendre qu’elle a tourné la page et qu’elle préfère se concentrer sur la suite du championnat, afin de ne pas disperser son énergie et son temps dans un procès déjà perdu et qui en aucun cas ne pourra déboucher sur un non-lieu. « Il ne me plait pas, qu’elle que soit la justice, sportive ou autre, que soit appliqué un principe de présomption de culpabilité » estime Luca Di Montezemolo, patron du groupe Ferrari Maserati.
« Il ne me plaît pas que l’on puisse hypothéquer le championnat du monde de la sorte. Mais Ferrari ne discute jamais les décisions des juges, à plus forte raison lorsqu’elle ne les partage pas, comme c’est le cas dans cette affaire. »
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