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Les destins croisés de Felipe Massa et de Lewis Hamilton les ont amené à lutter l’un contre l’autre pour le titre mondial en 2008. Les deux hommes ont le même nombre de victoires en Grand-Prix (11) et des statistiques globales similaires (17 pole positions et 29 podiums pour l’Anglais, 30 podiums et 15 pole positions à l’actif du Brésilien).
Totalement fortuitement et pour des raisons distinctes, ils partagent également un douloureux premier tiers de saison. Emporté par sa fougue, l’Anglais a mal lu les conditions de course en Australie et en Chine, il a été victime d’un incident mécanique en Espagne et n’avait d’autre choix que de limiter les dégâts à Bahreïn et à Monaco où la MP4-25 n’était pas en mesure de rivaliser avec ses homologues de Ferrari et de Red Bull Racing. Pour son alter ego de Ferrari, le nœud du problème s’appelle F10. La monoplace rouge a effectué un travail de sape sur la virtuosité du vice-champion 2008 qui se retrouve confronté au même problème que son ancien équipier, Kimi Räikkönen. Lors de ses deux dernières années de Formule 1, la montée des pneus en températures, et plus généralement leur exploitation, étaient un casse-tête pour le Finlandais. Dominé par Alonso sur le front de la performance pure, Massa a donné le change grâce à une belle régularité, mais il vu sa cote chuter dans certaines rédactions et les rumeurs de son départ de Ferrari ont germé à Monaco.
La valeur intrinsèque de Felipe n’est pourtant pas en cause. L’exploitation des pneumatiques a toujours été la clef de voute des performances d’un pilote. L’observation reste vraie trois ans après l’enterrement de la hache de guerre des pneumaticiens. Kubica a été dominé par Heidfeld en 2007 (61 points à 39) et lui a rendu la monnaie de sa pièce un an plus tard (75 à 60), pour les mêmes raisons d’optimisation du fonctionnement des pneus. « Lorsque je vois Felipe 6 dixièmes plus lent sur un tour, comme c’est parfois arrivé, je ne pense pas que ce soit à mettre sur le compte du pilotage, ou alors il faudrait qu’il change de métier » estime le manager de Felipe Massa, Nicolas Todt, dans les colonnes d’Autosprint, « Nous avons vu que lors des courses où les pneus ultra tendres étaient utilisés, Felipe faisait jeu égal avec Alonso, comme à Monaco et Bahreïn. La vérité est que ses problèmes viennent des pneus durs car la voiture n’a pas assez d’appuis pour son style de pilotage et il a plus de mal qu’Alonso à maîtriser l’auto. »
Pour Felipe, la bonne nouvelle est que son employeur aurait décidé de mieux faire correspondre les vertus de la F10 aux siennes. « L’écurie a identifié les domaines dans lesquels il faut travailler afin que la voiture convienne mieux à Felipe. Je suis donc confiant » poursuit Nicolas Todt, « De plus, après 7 courses son retard de points est faible et tous les résultats sont encore possibles. »
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