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Avec le Grand-Prix d’Espagne, le championnat du monde de Formule Un 2008 entre dans sa première campagne Européenne. Les écuries ont coutume de dire qu’il s’agit surtout d’un nouveau départ dans la saison. Plusieurs facteurs clefs seront effectivement nouveaux en Catalogne, et pourraient redistribuer les cartes. Tour d’horizon.
La semaine d’essais privés de Barcelone ne pouvait pas être moins informative et c’est tant mieux ! Programmes divers et variés (avec pneus slicks ou rainurés, packages aérodynamiques 2008 ou 2009), caprices du ciel et nouveaux packages passés au crible ont brouillé les radars des comparaisons chronométriques. Les 10 écuries présentes sur la Costa Brava sont reparties dos à dos, avec des certitudes sur leurs propres packages et une kyrielle de points d’interrogation sur le degré d’évolution de la concurrence.
La hiérarchie du Grand-Prix d’Espagne ne se dessinera pas avant le début des hostilités, dans 72 heures sur le circuit de Catalunya, juché sur les hauteurs de la petite ville de Montmelo qui se drapera comme chaque année depuis près de 20 ans de ses plus beaux atours pour accueillir le Grand-Prix d’Espagne. Le plateau du championnat du monde de Formule 1 effectue également sa mue annuelle avec le bourgeonnement de nouveaux appendices aérodynamiques sur des monoplaces qui n’avaient pas fait peau neuve depuis l’ouverture de la saison, à Melbourne à la mi-Mars.
Au-delà des évolutions plus ou moins drastiques des packages 2009, les deux paramètres clefs du Grand-Prix d’Espagne – et de toute la campagne Européenne – seront le mercure et la gomme. En 2005, Barcelone avait scellé le sort de l’écurie double championne du monde en titre, la Scuderia Ferrari. Mercure et gomme n’avaient pas constitué un alliage précieux pour la Rossa et Michael Schumacher. La F2005 avait martyrisé ses pneumatiques Bridgestone sous le soleil de Catalogne (principalement du côté gauche, celui qui était mis à rude épreuve, notamment dans la courbe Renault et dans l’enchaînement des dernières grandes courbes, aujourd’hui sacrifiées sur l’autel de la sécurité). Le septuple champion du monde avait essuyé deux crevaisons coup sur coup et était rentré bredouille pour la 3è fois en 5 courses.
Trois ans plus tard, Ferrari est toujours chaussée de Bridgestone mais son talon d’Achille n’est plus de saper ses pneus. Il est à l’opposé de peiner à les faire monter en température sur un tour lancé. Lorsque les Potenza ne s’inscrivent pas dans la bonne fenêtre d’exploitation, les pilotes de la F2008 piochent dans leurs réserves pour compenser les carences de leur package.
La mauvaise nouvelle est double pour Ferrari : à Barcelone le week-end prochain, Räikkönen et Massa devront composer avec les gommes les plus durs de la gamme du manufacturier du soleil levant. « Nous avons confiance en nos spécifications pneus pour la course de Barcelone. C’est un circuit exigeant pour les pneus et c’est la raison pour laquelle nous avons choisi nos pneus les plus durs. Mais les performances et la tenue des pneus ont été bonnes durant les essais » explique Tetsuro Kobayashi, directeur technique de Bridgestone Motorsport.
Mais si Bridgestone n’a aucune raison de s’inquiéter, Ferrari serait pardonnée d’être perplexe : à la gamme dure des enveloppes Nipponnes se greffera une météorologie blafarde. Le circuit de Catalunya devrait être épargné par les averses qui l’avaient douché la semaine dernière, le vent (qui force souvent les équipes à modifier leur set-up à Barcelone) ne devrait pas forcir, mais le thermomètre Catalan devrait à peine dépasser la barrière des 20°C au plus chaud du week-end ; une épine de plus dans les sabots durs du cheval cabré, qui aura d’autant plus de mal à les faire chauffer. Il y a 12 mois, Räikkönen avait souffert aux qualifications du GP d’Espagne. Ferrari a travaillé son point faible en prévision de la campagne Européenne. Barcelone sera le test grandeur nature idéal pour mesurer ses progrès en la matière.
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