|
Après avoir écouté les conversations qu’ont pu tenir McLaren Mercedes et ses pilotes tout au long des 100 minutes du Grand-Prix de Monaco, la FIA a blanchi les Gris en précisant « qu’il est clair que les interventions de McLaren durant le GP de Monaco étaient tout à fait légitimes et ne nécessitent donc aucune action ». L’honneur de l’armée de Woking est sauf !
La FIA a expliqué sa décision en précisant les faits suivants, sur lesquels elle s’est penchée, et qui révèle le fond de la stratégie de McLaren, et notamment le pit stop précoce de Lewis Hamilton.
1) Une stratégie à deux arrêts était optimale à Monaco, à moins que le safety car soit déployé, auquel cas une tactique à seul pit stop prend le dessus
2) Le safety car est entré en piste lors des 5 derniers GP de Monaco
3) Le choix entre une stratégie à 1 ou 2 arrêts doit être défini avant la dernière phase des qualifications, en accord avec la réglementation en vigueur
4) D’après les mesures faites par la FIA il est évident que McLaren avait donné l’équivalent de 5 tours d’essence supplémentaires à Hamilton par rapport à Alonso
5) Ceci permettait à Hamilton d’envisager une stratégie à un seul arrêt si le safety car était intervenu dans son premier relais de course
6) Le safety car n’est pas entré en piste
7) Les McLaren étaient significativement plus rapides que n’importe quelle autre voiture à Monaco
« L’objectif premier d’une écurie est de faire en sorte que l’un de ses pilotes gagne. Si possible, elle fera tout pour que l’autre termine en 2è position. En absence de safety car durant le premier relais d’Alonso, le risque était infime que la voiture de sécurité ferait son apparition en piste durant les 5 tours qu’Hamilton avait devant lui avant son ravitaillement. Si cela avait été le cas il aurait été rejeté en queue de peloton et cela aurait désavantagé n’importe quelle voiture qui était sur une stratégie à un seul arrêt ferme (par opposition à un arrêt optionnel). Ces dernières devaient ravitailler aux alentours du 40è tor – c’est-à-dire après que le safety car soit rentré aux stands s’il avait été déployé durant les tours supplémentaires qu’Hamilton devait couvrir.
Pour des raisons similaires, Hamilton a été précocement rappelé aux stands, ce qui l’assurait de la 2è place, avec ou sans safety car. Si la voiture précédant Hamilton n’avait pas été son équipier, McLaren aurait probablement décidé de prendre le risque de la sortie du safety car et aurait laissé Hamilton en piste tant qu’il avait de l’essence pour rouler dans l’espoir qu’il serait ressorti des stands en tête après l’un de ses pit stops. Cependant, aucune obligation n’est faite à McLaren de prendre ce risque afin de permettre à l’une de ses voitures de dépasser l’autre. Il serait insensé de le faire.
C’est une procédure normale pour une écurie de dire à ses pilotes de ralentir lorsqu’ils sont confortablement installés en tête de la course. Ceci afin de réduire les risques de problèmes techniques, ou tout autre problème. Demander à ses pilotes de ne pas se battre au point de prendre des risques est également une pratique normale.
McLaren a pu appliquer une stratégie optimisée car elle avait un avantage substantiel sur les autres voitures. Elle n’a rien fait qui peut être décrit comme une manœuvre interférant avec le résultat de la course. »
Tout ça pour ça ! |