Les pilotes auront besoin du savoir-faire de Prost
Pat Symonds pense que la saison 2005 présente davantage d’inconnues que tout autre championnat récent. Voici pourquoi.
Pat, beaucoup d’articles du règlement ont changé cet hiver. Lesquels auront l’influence la plus significative ? Pat Symonds : L’attribution des pneumatiques est peut-être le domaine qui cause le plus de turbulences cette année. Un seul train de gommes seulement sera autorisé pour les qualifications et la course : savoir le gérer sera un talent à cultiver pour tous les pilotes. Le facteur clé sera la faculté à identifier les phases les plus importantes de la course, et d’extraire le maximum de la performance à ce moment précis : départ, mi-course, fin de parcours, tout dépendra de chaque piste.
La physionomie des courses sera-t-elle différente ? PS : Oui. Le rythme changera certainement beaucoup. Jusqu’à présent, la philosophie était d’attaquer au maximum du départ à l’arrivée. Pour 2005, bien que les pilotes aient toujours à donner leur maximum, il faudra moduler l’allure et conserver un peu de performance pneumatique en réserve au cas où nous en aurions besoin. Un pilote comme Alain Prost, par exemple, était toujours en mesure de gérer ses gommes et la consommation de manière exceptionnelle. Les pilotes devront acquérir cette capacité. L’histoire a montré qu’un manque de performance en fin de course entre un pilote qui a préservé ses pneumatiques et un autre peut autoriser des dépassements. Ce sera peut-être le cas cette année.
Est-ce que le règlement qui concerne les pneumatiques aura une influence sur la manière de régler une monoplace ? PS : Bien sûr. Il sera encore plus important de disposer d’une monoplace exempte de tout problème de comportement. L’usure des pneumatiques en dépendra : la moindre imperfection de réglage, en effet, aura de grandes conséquences. La vie du train de pneumatiques s’étalera sur 350km et plus sur 80km comme c’était le cas jusqu’en 2004. Pour être franc, je pense que nous pourrons tout juste commencer à comprendre le secteur ‘pneumatiques’ à la fin de la deuxième course du championnat. Melbourne est souvent une course atypique : la piste est temporaire et ses conditions évoluent tout au long du week-end. De plus, les températures seront beaucoup plus élevées à Sepang. Ce n’est qu’après cette course que nous pourrons voir émerger une tendance dans la manière dont évolue la performance des pneumatiques.