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Longue de 16 années, la carrière F1 de Michael Schumacher fut riche en moments d’intenses émotions. Les joies furent immenses et multiples (7 titres de champion du monde, 91 victoires en Grand-Prix, le bonheur d’évoluer au quotidien au sein de sa famille de Maranello), mais l’Allemand a plongé dans un profond désarroi à plusieurs reprises. A tel point que le songe d’une retraite l’a effleuré.
Imola 1994 – Black Sunday
Le 1er Mai 1994 – baptisé Black Sunday par les Britanniques – restera à jamais marqué par la double tragédie ayant coûté la vie à Roland Ratzenberger et Ayrton Senna. Ce jour de fête du travail, Schumacher a pensé quitter le sien. « J’ai réfléchi intensément à ces deux décès et je me suis demandé quel était le sens de la Formule Un et de la course automobile » avoue Michael Schumacher dans un supplément week-end du Süddeutsche Zeitung.
Silverstone 1999 – La mort en face
Ce 11 Juillet 1999, Michael Schumacher a vu la mort en face. Double champion du monde sans couronne depuis trois saisons, l’Allemand se savait en position de force – enfin, avec sa nouvelle écurie, Ferrari – et en mesure de détrôner Mika Häkkinen en 1999. Il devait en premier lieu étouffer dans l’œuf les velléités d’un équipier pas toujours modèle, Eddie Irvine.
A Silverstone, Michael Schumacher a freiné tard en arrivant à Stowe à 300km/h. Privé de freins arrière, le cheval cabré a poursuivi sa route dans l’herbe, sans perdre grande vitesse, avant de se fracasser contre un mur de protection. « J’ai entendu les médecins et les secouristes parler, mais tout est devenu plus calme, au point que je n’entendais plus que les battements de mon cœur » se souvient Schumacher avec émotion, « tout était noir autour de moi (…) j’ai cru que c’en était fini. »
11 Septembre 2001 – L'Horreur a un visage
Le voile noir qu’a expérimenté Schumacher deux ans plus tôt à Silverstone est venu recouvrir le museau de la F2001 à Monza en 2001 : un crêpe pour porter le deuil des victimes des attentats du 11 Septembre.
Incrédule face à la lâcheté et l’ignominie de l’acte, c’est le père de famille et l’époux, et non le pilote, qui avait envie d’exorciser ses peurs ce jour-là. Schumacher fut très affecté par les évènements, au point de remettre une nouvelle fois en cause l’utilité de sa cause sportive. « Lorsqu’il est arrivé à Indianapolis, il était encore sous le choc de Monza » racontait Ross Brawn à l’époque, « Il était très affecté par ce désastre. La retraite a été évoquée. Je pense que quelques jours de réflexion lui ont permis de se rappeler combien il aime la course automobile. » |