|
Pneus super tendres,
circuit tortueux et chaleur, les ingrédients de Budapest devraient donner la
recette gagnante à la Scuderia Ferrari… sur le papier. Felipe Massa explique les raisons de son
optimisme.
Felipe Massa résume d’une phrase son attente du Grand-Prix
de Hongrie : « Avec toutes
l’expérience de Jerez qui est la nôtre, j’ai hâte de courir à nouveau ».
Il n’y a pas de désinvolture chez le Brésilien lorsqu’il évoque l’ultime course
avant la pause estivale, celle qui – selon l’adage ‘En F1 on est aussi bon que
son dernier résultat’ – permet de prendre des vacances l’esprit serein ou
chagrin.
La Scuderia Ferrari a essuyé un sérieux revers en
Allemagne, tout comme McLaren Mercedes avait connu un trou d’air lors des
‘Francophones folies’ de Montréal et Magny-Cours avec 5 points marqués sur 36
possibles. La F1 moderne est ainsi faite que les écarts se font et se défont au
gré des conditions de piste et d’un circuit à l’autre. Avec des écarts infimes
et des fenêtres d’exploitation (pneus, aéro) particulièrement resserrées depuis
2 ans, un pilote peut rapidement passer de zéro à héros. Impossible de tirer
des plan sur la comète car les performances sont versatiles, y compris sur un
même circuit ! Lors des essais privés d’Hockenheim, Räikkönen et Massa
avaient signé de bons temps et la F2008 avait été efficace tout au long de la
semaine de roulage. Une semaine après elle ne savait plus où poser les roues et
était en constante perte d’adhérence sans que les conditions aient
drastiquement évolué.
Avec le théorème de la précarité de la performance en
tête, présumer de la hiérarchie qui devrait se dégager de Budapest serait
présomptueux. Sur le papier, le Grand-Prix devrait pourtant convenir aux
monoplaces rouges : chaleur, circuit tortueux mettant en avant les
qualités de tractions et de couple du moteur, pneus super tendres sont des
ingrédients avec lesquels le cheval cabré pourrait être le chef du plateau
Magyar dans un Budapest transformé en haut fourneau. Felipe Massa synthétise
l’optimisme réaliste de l’écurie de Maranello. « Disons que je suis confiant de voir la F2008 afficher un niveau
de performance différent lors des prochaines courses. Le GP d’Allemagne a été
décevant mais au moins nous avons ramené quelques points qui seront importants
dans l’optique du championnat et tout reste ouvert. »
A Jerez, plutôt que de se jeter à corps perdu dans la
préparation de la saison 2009 comme ont pu le faire plusieurs écuries, Massa et
Räikkönen ont dévolu leurs journées de roulage à la recherche de la cause de
leurs maux Allemands. Le bilan de la semaine Andalouse est positif. « A Jerez nous avons travaillé pour
améliorer l’auto, ce qui signifie que nous avons trouvé ce qui n’allait pas en
Allemagne, mais nous avons également fait un pas en avant » révèle le
Pauliste en dévoilant une partie des activités de la Scuderia : la
compétitivité en toute température – les 36°C de Jerez préfiguraient la fournaise qui
attend les hommes et les machines à Budapest mais la Rossa a également essayé
de se projeter dans l’avenir en ayant à l’esprit ses déboires d’Hockenheim où
le mercure était largement en dessous des normales saisonnières. « Nous avons énormément travaillé sur
les réglages et aussi pour des courses comme Singapour où les températures
seront plus fraîches du fait que ce sera une course nocturne. Nous avons
quitté Jerez avec beaucoup de données qui nous seront utiles sur le court et le
long terme. »
« Comme à Monte
Carlo, le Hungaroring requiert un maximum d’appuis aérodynamiques et nous
utiliserons les Bridgestone tendres et super tendres : dans cette
configuration tout s’était bien passé au GP de Monaco où nous étions très
compétitifs et c’est une autre raison d’être confiant » conclut Massa. A ceci près qu’à
Monaco, Ferrari avait enregistré une cruelle déception le jour de la course,
sous la pluie. Le théorème de la précarité et de la versatilité des
performances : le fil rouge de la saison 2008 !
|