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Martin Whitmarsh, directeur de McLaren Mercedes, justifie tous les choix de l'écurie de Woking à Hockenheim : refus de pit stop pendant la neutralisation et dépassement de Kovalainen par Hamilton.
L’écurie a été pénalisée par les commissaires pour un incident survenu pendant les qualifications. Pouvez-vous nous expliquer ce qu’il s’est passé ?
Au cours de qualifications où vous êtes très occupés, si vous voulez délivrez une petite quantité de carburant dans une voiture, il est plus facile d’utiliser une petite citerne plutôt que de connecter le ravitailleur classique. L’article 29.2 de la réglementation sportive stipule qu’un pilote doit rester dans sa voiture pendant le ravitaillement mais, à moins qu’un système de ravitaillement agréé par la FIA soit utilisé, le moteur doit être coupé. Nous avons ravitaillé la voiture d’Heikki avec un bidon pendant les Q2 et son moteur tournait encore. Nous nous sommes dits – et nous avions tort – que nous respections les réglementations car nous utilisions une Intertechnique approuvée. Après avoir discuté de la chose avec les commissaires, nous avons accepté le fait que nous étions en contravention avec les règlements sportifs. Mais il est clair que nous n’avons retiré aucun avantage de performance et nous avons accepté la décision des commissaires, que nous jugeons juste.
Le Dimanche, l’équipe a admis avoir fait une erreur stratégique en gardant Lewis en piste pendant la neutralisation – mais quelle était la logique de cette stratégie dans le feu de l’action ?
Lorsque vous menez un Grand-Prix et que vous êtes rapides, vous êtes plus sensibles aux risques d’une averse que ceux qui sont derrière vous. Le premier relais de la course avait clairement démontré que nous avions un avantage sur les autres en termes de performance. A ce point que nous avons rappelé Lewis aux stands plus tôt que prévu pour son 1er pit stop et nous lui avons donné plus d’essence que prévu pour le 2è relais. Lorsque la voiture de sécurité a été déployée, nous avons évalué nos options et avons pensé qu’il était préférable de laisser rouler Lewis avec peu d’essence et avec une piste dégagée plutôt que de devoir faire face aux difficultés potentielles d’un ravitaillement. Il aurait pu dégringoler au classement et ça aurait également pénalisé Heikki qui aurait dû patienter derrière lui dans les stands. Nous étions également inquiets au sujet de facteurs que nous n’aurions pas pu envisager au moment de prendre la décision. Tout d’abord, la voiture de sécurité est restée plus longtemps en piste que ce que nous pensions, ce qui veut dire que Lewis avait moins de tours à sa disposition pour creuser l’écart. Deuxièmement, les voitures qui ont ravitaillé ont été plus nombreuses que ce que nous pensions – il y avait donc moins de trafic entre Lewis et Felipe que ce que nous aurions pu espérer quand la voiture de sécurité est rentrée aux stands. Enfin, nous pensions que Lewis aurait un avantage à rouler en pneus usés avec peu d’essence à bord. En fait, l’évolution de la piste a fait que les voitures qui avaient beaucoup d’essence ont été avantagées. Ça a compliqué la tâche pour Lewis.
Faut-il réévaluer les décisions stratégiques de McLaren ?
Lorsque vous êtes une écurie de pointe et que vous vous trompez, vous devez affronter les critiques. Mais avec le recul il est toujours facile d’avoir raison et nous pensons que nous avons pris la bonne décision en nous basant sur les choix qui étaient à notre disposition. N’oubliez pas que la décision n’était pas aussi facile que ça pour Lewis car il avait plus d’essence à bord que les autres. Notre fenêtre de ravitaillement était plus large, les autres étaient plus proches de leurs seconds ravitaillements lorsque la voiture de sécurité est entrée en piste. Il leur était donc plus évident de rappeler leurs pilotes que nous. Je suis sûr que la décision de Ferrari s’imposait bien plus d’elle-même : ils n’avaient probablement aucune chance de nous battre. On aurait essuyé un feu nourri de critiques si Massa était resté en piste, nous avait passé et aurait capitalisé sur son avance pour faire un ravitaillement tardif et très court. Mais n’oublions pas que Nick Heidfeld a parfaitement exploité sa stratégie en restant en piste pendant la neutralisation. La notre reste donc valide.
L’écurie a récemment annoncé que son team manager, Dave Ryan, a été promu directeur sportif. Ses responsabilités changeront-t-elles ?
Etant donné sa position dans l’écurie et son implication à son poste, nous avons pensé que le titre de directeur sportif reflétait mieux l’évolution progressive des responsabilités de Davey. Il a rejoint McLaren en 1974 et a joué un rôle central dans le développement de l’écurie de course pour faire d’elle ce qu’elle est aujourd’hui. Sa contribution est très appréciée : il est loyal et travaille sans compter ses heures. En fait, il a un rôle de pivot dans la manière dont chaque week-end de course se déroule et il mérite que son champs d’action soit élargi.
La manière dont Lewis a dépassé Heikki est à l’origine d’une confusion. Pouvez-vous nous dire comment ça s’est passé exactement ?
La vérité est que dans la situation présente Lewis était plus rapide qu’Heikki. Lorsque Lewis est arrivé sur lui, Heikki a eu un grand esprit sportif en s’écartant – même s’il a dû être difficile pour lui de prendre cette décision. Nous en sommes reconnaissant à Heikki, il a montré une grande force de caractère en faisant ce sacrifice. Nous sommes tous conscients que ça a dû être dur pour lui. |