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Il n’y a pas une lecture consensuelle d’un Grand-Prix, mais plusieurs interprétations, parfois déformées par le prisme d’une écurie. En Espagne, chacun a vu midi à sa porte, parfois en donnant l’impression de n’avoir pas remis son chronomètre à l’heure après le décalage horaire des trois premiers rendez-vous de la saison.
Oui, Renault a progressé en plaçant ses deux R28 dans le top 10 des qualifications du Grand-Prix d’Espagne. Le losange a aussi et surtout placé son pur-sang d’Oviedo dans les conditions idoines pour briller : Alonso était le plus léger du top 10 et a parfaitement capitalisé sur sa superbe prestation des qualifications. Une tactique qui pourrait faire école à l’avenir et que BMW Sauber avait fait sienne en Australie et à Bahreïn en mettant Robert Kubica sur orbite. Mais en course, Alonso a constamment perdu du terrain sur Webber.
McLaren Mercedes a sans aucun doute chassé ses démons de Sepang et Sakhir – la précipitation de Lewis Hamilton, le choix des gommes et leur exploitation qui avaient amené les MP4-23 à signer leurs meilleurs tours en course dans le dernier relais, en pneus durs. Les flèches d’argent ont-elles pour autant combler l’écart qui les séparait des F2008 ? A en croire Martin Whitmarsh, directeur de McLaren Mercedes, la réponse est positive. « Les trois plus rapides – nous, Ferrari et BMW Sauber – sont très poches » affirme Whitmarsh. « Renault a fait un grand pas en avant. C’est bon pour le sport, mais nous devons consolider nos propres performances. Nous savons que nous aurons de nouveaux développements et nous devons nous assurer que nous en bénéficierons le plus tôt possible. Nous aurons quelques nouvelles pièces pour la Turquie. »
Les deux seuls créneaux du Grand-Prix d’Espagne qui ont permis de jauger le potentiel de la MP4-23 par rapport à celui de la F2008 sont le re-start après la neutralisation consécutive à l’accident de Kovalainen (en pneus tendres), et le début du dernier relais, en pneus durs. Dans le premier cas de figure, la domination de Ferrari ne souffre pas l’à-peu-près. Räikkönen et Massa sont rapidement devenus un point à l’horizon d’Hamilton. Le leader prenait de 3 à 6 dixièmes de secondes sur le Britannique et s’est mis à l’abri d’une mésaventure en l’espace de 10 tours seulement. 3 à 6 dixièmes sur l’ensemble d’une course non interrompue auraient eu l’effet d’une déflagration dans les espoirs de McLaren Mercedes. Les flèches d’argent ont en revanche retrouvé de leur superbe en pneus durs, qu’elles exploitent mieux et surtout plus rapidement, que les Ferrari.
Pour l’heure la F2008 possède encore une marge de manœuvre. Mais cette dernière est directement liée aux Bridgestone et donc aux conditions de course – abrasivité de la piste, conditions climatiques. Un été pourri serait une bonne nouvelle pour McLaren Mercedes. De son côté, Ferrari attend fébrilement les rendez-vous du Canada et de Monza où elle avait souffert en 2007 pour absorber les vibreurs dont se jouait sa rivale de Woking. |