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Le retour en grâce de Ferrari après une année (presque) blanche, et sa lutte acharnée avec Renault dans la conquête des deux titres mondiaux – avec pour point d’orgue un duel épique entre Schumacher et Alonso – ont tendance à occulter les autres débats. Selon un principe médiatique inéluctable, qui ne se bat pas aux avant-postes sur la piste le fait rarement à la Une de la presse. McLaren y est dernièrement apparue pour l’anniversaire de ses 40 ans d’existence, la volte-face de Montoya vis-à-vis de la F1 ou encore les 200 GP de la collaboration McLaren/Mercedes, mais rarement pour un exploit en piste.
La F1 est ainsi faite que les tendances et théories se défont aussi rapidement qu’un tour de Monza est bouclé. En confiance après une saison 2005 où elle avait produit la monoplace intrinsèquement la plus rapide sinon la plus fiable du plateau, galvanisée par le double coup économico-sportif qu’elle venait d’assener à ses adversaires à l’intersaison (recrutement d’Alonso et partenariat avec Vodafone), McLaren Mercedes assumait parfaitement son rôle de favorite du championnat 2006.

Huit mois plus tard, les contre-performances sont presque devenues une habitude chez McLaren Mercedes. L’écurie de Woking ne s’habitue pas pour autant à l’échec. L’honneur et la fierté de Ron Dennis le font courir après une victoire qui sauverait une saison désastreuse. Une victoire qui mettrait du baume au cœur à un personnel quelque peu déboussolé depuis la fuite de ses cerveaux, la crise Montoya et le départ annoncé de son pilote phare, Kimi Räikkönen. Ce dernier avait été porté aux nues en 2004 lorsqu’il avait terrassé Schumacher à Spa-Francorchamps pour enregistrer le seul succès des flèches d’argent.
En 2002 déjà Ron Dennis avait senti le vent du boulet. Le triomphe de David Coulthard à Monaco – le plus prestigieux de tous – lui avait permis de ne pas rentrer bredouille dans l’intersaison suivante.

Quid de 2006 ? La formation qui se présentait comme la favorite numéro 1 de l’exercice 2006 connaît sa plus mauvaise saison depuis l’ère Häkkinen : aucune victoire à son actif. Il faut remonter à l’ère post-Honda et post-Senna (1994 à 1996, en 1993 Senna avait fait des prouesses avec une McLaren Ford) pour retrouver traces d’une année aussi peu enthousiasmante. La 3è place de McLaren Mercedes au championnat Constructeurs ne sera pas l’arbre qui cachera une forêt de désillusions (elle fit moins bien en 1997 ou 2004, dans d'autres circonstances). En 1994 elle était convalescente : orpheline de son pilote fétiche, Ayrton Senna, elle ne prétendait pas à la victoire en débarquant à Interlagos (théâtre du premier Grand-Prix de la saison) avec son nouveau partenaire motoriste Peugeot.
A l’orée de la saison 2006 la situation était tout autre. Tout n’est pas (encore) perdu. Il reste quatre épreuves avant que le rideau ne tombe sur la scène de la F1 et Kimi Räikkönen est un pilote sans état d’âme, un chasseur de Pole et de victoire qui ne laissera passer aucune occasion de s’imposer. Ron Dennis peut également secrètement espérer qu’un Bob McKenzie parie que McLaren Mercedes rentrera chez elle vierge de tout succès cet automne. Le reporter du Daily Express avait porté chance aux flèches d’argent en 2004, en promettant qu’il effectuerait un tour de circuit dans le plus simple appareil si un pilote McLaren venait à monter sur la plus haute marche du podium ! |