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Alors que Renault et Ferrari s’adaptent à la quasi-perfection aux conditions multiparamétriques d’un Grand-Prix (topographie du circuit, déroulement de la course, conditions climatiques ou données physiques de cette dernière) en fonction des forces et des faiblesses de leur package, McLaren Mercedes stagne dans ses tactiques. Elle paie parfois le prix fort, comme à Sepang, où en forçant Räikkönen à prendre place sur la grille entouré de pilotes ou écuries prêts à tout pour tenter un bon coup, le Finlandais n’a pas passé le premier tour, agressé par Klien.
Les flèches d’argent s’obstinent à se gaver de carburant pour les qualifications et pour le premier relais de la course, mais en se faisant leurs stratèges ne sont pas près d’être promus généraux 3 étoiles des tactiques de course.
Beaucoup d’essence à bord permet une plus grande souplesse – notamment en cas d’apparition de la pluie ou de neutralisation sous safety car – mais la vérité d’un circuit n’est pas celle du suivant, et ne se reporte pas forcément d’une année sur l’autre. L’avantage chronométrique de la MP4-20 ne semble pas s’être reporté sur sa descendance, fiable mais nettement en retrait de la Renault depuis le début de la saison, hormis à Bahreïn.
A Imola où dépasser relève de la gageure, s’élancer des avant-postes est vital. 10kg d’essence de plus à bord et ce sont 0.4 seconde au tour qui s’envole. Bloqué derrière Webber en début de course, Räikkönen a passé la plupart de sa course englué dans le peloton.
Ron Dennis regrettait hier soir une « erreur rarissime de Kimi en qualifications » sans remettre en cause l’approche même de la course de son écurie. « Kimi aurait dû être 3 ou 4 dixièmes plus rapide en qualifications, et en était capable » avance le patron du McLaren Group. « Cela l’aurait placé sur la 2è ligne de la grille de départ, et je pense que nous aurions alors assisté à une course bien différente. Nous aurions dû mieux nous qualifier, et donc faire une meilleure course. »
Avec des si, Kimi serait double champion du monde. A la vérité, ses petites erreurs ne sont pas rarissimes. La dernière remontait à Interlagos 2005 et non aux calendes grecques. Avec une voiture lourdement chargée en essence, les erreurs se font plus probables, la monoplace se laissant plus facilement déstabiliser sur les bosses – comme dans le esse de Senna au Brésil, ou sur les innombrables imperfections sur tracé d’Emilie Romagne.

Lorsque l’on dispose d’un pur-sang de la trempe de Räikkönen, il est inconvenant de le forcer à s’élancer dans le ventre mou du top 10, en comptant sur son talent pour combler un handicap de position et de temps. Il est aussi et surtout peu judicieux de se laisser enfermer dans une approche dogmatique lorsque l’on sait que l’on ne dispose pas de l’arme pour s’imposer.
A l’inverse, Ferrari a joué la carte de l’agressivité. La 248 F1 n’est probablement pas encore totalement l’égale de la R26, mais les hommes de Jean Todt savent viser juste et analyser avec sagacité. Seule la Pole Position pouvait permettre à la Rossa de jouer la gagne, et à Schumacher de prendre Alonso à son propre jeu, celui qu’il avait déployé ici même 12 mois plus tôt : le blocus. En qualifications et lors du premier relais, Schumacher avait un fardeau d’essence qui rendait près de 15kg à celui du champion du monde en titre. Bénéfice au tour : 0.6 seconde. Pole assurée. Il restait au septuple champion du monde à prendre un envol impeccable et à rendre la monnaie de sa pièce 2005 à son rival Asturien lorsque celui-ci se montrait trop entreprenant. Michael a poussé le machiavélisme à rouler près de deux secondes sous le potentiel de sa monoplace, histoire d’économiser du carburant. Pris au piège, Alonso a tenté de devancer son pit stop. Qu’à cela ne tienne, Schumacher a forcé l’allure de 2 secondes pour s’engouffrer à son tour dans l’allée des stands et ressortir de cette dernière avec le leadership définitivement en poche.
Le même Dimanche, McLaren a fait pâle figure. Les supporters de l’écurie de Woking en viennent à se demander s’il ne valait finalement pas mieux la performance, au détriment de la fiabilité (schéma 2005), que le contraire (cas de figure 2006). McLaren et Mercedes ne sortent pas grandis de leur prestation d’Imola 2006, alors que dans l’esprit du public ils étaient le vainqueur moral du championnat 2005… |