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McLaren Mercedes avait une nouvelle fois toutes les armes en main pour faire le carton plein, mais le doublé s’est une fois de plus refusé à l’écurie la moins fiable du plateau. L’écurie de Woking avait pourtant parfaitement bien joué le coup au niveau stratégique. Kimi Räikkönen avait embarqué moins d’essence que tous ses adversaires pour bien se placer sur la grille de départ et éviter de perdre un temps considérable dans le trafic des premières boucles, comme cela avait été à Silverstone et Magny-Cours.
Dernier obstacle à franchir pour les flèches d’argent : prendre un bon départ malgré le côté sale de la piste réservé aux qualifiés côté pair. Juan Pablo et Kimi ont pris un envol impeccable en se positionnant dans le sillage du Poleman, Schumacher. Räikkönen avait alors fait le plus dur en se débarrassant de Trulli dès les premiers mètres de course, et déborder son équipier, qui avait pourtant facilement viré en 2è position au premier freinage, fut une formalité. Montoya s’est intelligemment écarté de la trajectoire de Räikkönen, certain que sa stratégie paierait sur le long terme, ce qui faisait le jeu de l’équipe au moment le plus crucial de l’épreuve. Si Kimi était resté bloqué derrière Juan Pablo, il n’aurait pas pu déborder Schumacher.
La tactique McLaren était en place. Sur une stratégie à 2 arrêts – un de moins que Kimi et Michael – Juan Pablo pouvait assurer le coup sans tenter le diable, ce qu’il fit à merveille, jusqu’à ce que le seul pépin – devenu prévisible chez McLaren – vienne mettre un terme à sa course et le prive de la victoire : boîte de vitesses (compacte et ultramoderne mais solide comme du cristal) ne rende l’âme.
Bloqué derrière Schumacher dans les premiers tours – la F2005 était plus rapide dans le dernier virage et en ligne droite, grâce à moins d’appuis – Räikkönen a dû patienter et attendre les ravitaillements pour se défaire de Schumacher. Une fois en tête, le Finlandais n’avait plus qu’à dérouler jusqu’au drapeau à damier en croisant les doigt que la MP4-20 tienne le coup. Avec 10 points dans son escarcelle, McLaren revient à 12 longueurs de Renault et Räikkönen à 26 d’Alonso.

Kimi Räikkönen (Vainqueur) :
C’est un excellent résultat pour toute l’équipe, qui a travaillé d’arrache-pied ces dernières semaines. J’étais bloqué derrière Michael Schumacher dans la première partie de la course, et il m’était impossible de le passer. L’écurie a toutefois modifié ma stratégie pour le deuxième pit stop, ce qui m’a permis de passer devant lui et de creuser un écart substantiel. La voiture était bonne tout au long de la course et les Michelin étaient parfaits jusqu’au dernier tour. Il est dommage que Juan Pablo ait abandonné car nous aurions pu signer un doublé aujourd’hui.
Juan Pablo Montoya (Abandon, boîte de vitesses) :
Je pense qu’un arbre de transmission a cassé, ce qui fait partie des choses qui peuvent arriver lorsque vous tutoyez la limite comme nous le faisons à l’heure actuelle. Tout le monde à l’usine a travaillé d’arrache-pied et le résultat final est décevant en regard des efforts fournis. J’ai fait ce que j’avais à faire pendant la couse. Je savais que Kimi était sur une stratégie à trois ravitaillements et je n’avais donc aucune raison de me mettre en travers de son chemin. Je pense que j’aurais pu gagner cette course et un doublé aurait été une belle récompense pour nous tous.
Ron Dennis :
Nous avons fait montre d’une certaine domination et d’une grande discipline en tant qu’équipe, mais un arbre de transmission a ruiné un parfait doublé. Nous roulons à la limite, et parfois au-delà, mais nous poursuivrons notre but qui est de remporter chaque course restant à disputer. Nous ne sacrifierons pas la vitesse au profit de la fiabilité, mais nous augmenterons notre effort pour atténuer notre point faible. Toutes nos excuses à Juan Pablo, et nos félicitations à Kimi. Le championnat est à nouveau à notre portée, même si le défi est de taille. |