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Renault se retrouve dans l’œil du cyclone. Les dossiers techniques dupliqués de McLaren vers Renault par Phil Mackereth, lors de son transfert de Woking à Enstone en 2006, font planer des soupçons de tricherie sur la formation au losange. Le Tribunal d’Appel se penchera sur le cas de l’écurie Anglo-française le 6 Décembre prochain et la sentence ne s’annonce pas clémente – comment pourrait-il en être autrement après le châtiment exemplaire infligé à McLaren Mercedes pour des circonstances similaires techniquement parlant ? Les dégâts collatéraux pourraient en outre plomber les tractations entre Renault et un sponsor ou l’autre, voire remettre en cause les pourparlers avec Fernando Alonso.
Prise les doigts dans la confiture, le constructeur Français a beau clamer sa probité, son combat ressemble à celui de McLaren dans l’affaire d’espionnage initiée par la paire d’ingénieurs Nigel Stepney (Ferrari)/Mike Coughlan (McLaren), à savoir perdu d’avance. La culpabilité de détention illégale d’informations classées confidentielles a été établies par la FIA. Renault se défend d’avoir franchi le pas de l’exploitation de ces données, mais se retrouve dans la même ornière que McLaren, dont la présomption d’innocence dans l’exploitation des données Ferrari n’a pas pu être réellement effritée.
« Il est évident que des informations confidentielles sur le design de McLaren étaient délibérément connues et largement disséminées au sein de l’ingénierie Renault » affirme au Times l’avocat de McLaren, Baker McKenzie, « L’écurie a donc clairement bénéficié d’un avantage. »
En parallèle à la divulgation d’une partie de la trame du réquisitoire McLaren, le Guardian narre par le menu l’étendue du viol technologique dont elle a eu vent : 33 fichiers classés confidentiels – comportant plusieurs centaines de croquis techniques et répartis sur 11 CD auraient été retrouvés dans un disque dur Renault. Ils contiendraient ni plus ni moins que l’ADN des McLaren MP4-21 et MP4-22 et auraient été visionnés par les éminences grises du staff d’ingénieurs Renault. La détention illégale étant prouvée, le fait qu'il ne s'agisse pas en tant que tel d'une affaire d'espionnage ni de trahison ne pèsera probablement pas lourd dans la défense de Renault - Mackereth a emporté avec lui des dossiers qui, s'ils n'avaient pas été gravés sur CD mais étaient restés dans sa mémoire avant qu'il ne les couche sur le papier une fois dans l'enceinte Renault, n'auraient jamais fait explosé le le Renault-gate. |