Michelin a ruiné les espoirs de victoire de Barrichello
Jusqu’à l’extinction des feux libérant les 20 bolides pour la dernière course de l’année, Rubens Barrichello avait imprimé le rythme durant tout le week-end d’Interlagos en se montrant souvent le plus rapide quelles que soient les quantité d’essence embarquées et les configurations (qualifications/course) de sa F2004. La victoire lui semblait promise.
Dimanche a livré un tout autre scénario. Michael faisait la danse de la pluie Samedi soir, sachant qu’une piste détrempée – qui l’avait pourtant piégée l’année dernière – serait sa meilleure chance de faire un retour fulgurant aux avant-postes depuis sa 18è position de grille. Le septuple champion du monde ne doit probablement pas exceller dans cet art indien, lui qui fait pourtant fureur sur les pistes de danse, les soirs de Grand-Prix !
Une averse éclatant quelques instants avant la course avant de s’enfuir à l’intérieur des terres était non seulement insuffisante, mais plombait aussi et surtout les chances de victoire de son coéquipier Rubens Barrichello.
Depuis 2003 Michelin maîtrise en effet parfaitement ces conditions où la piste est grasse sans être détrempée. Le grip procuré par les pneus secs répond présent très rapidement, les gommes pouvant monter en température dès les premières centaines de mètres de tarmac avalées. Les Bridgestone au contraire, donnent l’impression à son pilote qu’il évolue sur la glace pendant deux ou trois boucles, avant de mordre le bitume. Cette fenêtre peut être fatale aux espoirs de victoire des pilotes Ferrari.
Dans les mêmes conditions, à Indianapolis en 2003 – qui fait office de référence en matière de conditions de piste grasse évoluant vers le sec et/ou le détrempé –, Kimi Räikkönen était jusqu’à quatre secondes plus rapide que Michael Schumacher, avantage à mettre entièrement au crédit des pneus conçus à Clermont-Ferrand. Contrairement à Interlagos 2004, le GP des USA avait l’année dernière remis une couche d’eau sur le tarmac, inversant la hiérarchie des temps au tour. Schumacher avait alors repris la main pour s’envoler vers la victoire et se rapprocher à un point du titre. A Sao Paulo, la piste est allée en s’asséchant lentement tout en restant fraîche, soit les pires conditions pour le manufacturier de pneus nippon.
Par conséquent, si les pilotes chaussées en Michelin pouvaient s’engouffrer dans l’allée des stands dès le 2è ou 3è tour, Rubens devait attendre 3 boucles supplémentaires avant de pouvoir troquer ses gommes intermédiaires contre des pneus secs. De leader, le Brésilien est tombé au milieu du top 8, accusant un retard de plus de 15 secondes sur le nouvel homme fort de la course.
« Rubens ne pouvait pas monter les pneus secs aussi tôt que nous car les Michelin fonctionnent mieux sur une piste grasse et peuvent aller plus loin en course » affirmait Juan Pablo Montoya après sa victoire, ce que confirmait Barrichello à demis mots. « Nous ne sommes pas fantastiques dans ces conditions. Si la piste avait été sèche le scénario de la course aurait certainement été différent » soupirait Rubens. « Si elle avait été détrempée nous aurions également été très bons. Mais il était difficile pour moi de piloter dans ces conditions et monter les pneus secs n’était pas possible car la voiture partait dans tous les sens. Tous les pilotes en Michelin ont rapidement trouvé un bon rythme, alors qu’il nous a fallu un peu plus de temps. »