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27 Mai - 16:52
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Monaco - Course : McLaren, la 150è flamboyante

La 65è édition du Grand-Prix de Monaco a donné lieu à une procession parfaitement organisée et balisée par les membres de McLaren Mercedes. En parfait accord avec la liturgie de l’église de Woking – qui avait dès les qualifications désigné son leader – elle permet à Fernando Alonso de remporter son 2è Grand-Prix de la saison, le 17è psaume de la bible selon le nouveau Saint patron de McLaren Mercedes - la 150è victoire depuis la création de l'écurie éponyme par Bruce McLaren. Seule la pluie aurait pu venir perturber l’évolution de l’Asturien, mais le soleil retrouvé de la Riviera a permis aux gris de couler 100 minutes et 29 secondes heureuses, à la moyenne de 155,551 km/h.

 

Lewis Hamilton et son fardeau de 8kg de carburant supplémentaires n’ont pas joué les Judas. Le Britannique s’est presque montré pusillanime au départ en se rabattant immédiatement sur la trajectoire de Felipe Massa, pour mieux faire obstacle au cheval cabré et sans jamais chercher à inquiéter le poleman, son équipier Fernando Alonso, selon un schéma de course soigneusement défini par le directoire McLaren Mercedes. Fisichella a emboîté le sabot du ‘cavallino rampante’. Les quatre hommes ont passé sans encombre le premier virage, leurs deux pit stops et les 78 tours de course (77 pour le Romain, relégué à 1 tour du vainqueur) pour se retrouver dans le même ordre sous le drapeau à damiers.

 

 

   

 

 

Plus que le doublé McLaren Mercedes, le 2è de l’année après celui de Sepang, c’est la manière dont il a été acquis qui avait de quoi faire grimacer Felipe Massa sur le podium. Rejeté à plus d’une minute des MP4-22, le Brésilien n’a jamais été en mesure de suivre le rythme imprimé par les deux bolides argentés. Fernando Alonso en était le premier surpris. « Ce fut une belle surprise de voir à quel niveau nous nous situions aujourd’hui. J’ai 16 ou 17 victoires à mon palmarès et c’est la première fois qu’il y a autant d’écart avec le 3è pilote, c’est un grand plaisir ! » avouait l’Espagnol en conférence de presse d’après course.

 

« Ce fut un week-end fantastique, le hat trick a une signification exceptionnelle à Monaco. Nous avons fait un sans faute en course, c’est un tel plaisir de conduire une aussi bonne voiture. »

De fait, l’impression de puissance et de solidité donnée par la MP4-22 fut renforcée par les propos d’un Lewis Hamilton goguenard aux côtés du vainqueur. Questionné sur une possible touchette à Mirabeau en fin de course, Lewis a tranché net « Oui j’ai touché les rails plein de fois ! La voiture est très solide, suffisamment pour que je me permette ça ! »

 

Felipe Massa n’a pas longtemps fait illusion. Le Brésilien est parvenu à suivre Hamilton – sans l’inquiéter – en début de course lorsque le Britannique devait composer avec une surcharge en carburant. Mais le vainqueur des courses de Sakhir et Barcelone a rapidement compris qu’il devrait se contenter d’un accessit. « Les McLaren ont démontré qu’elles avaient un rythme incroyable aujourd’hui » reconnaît Felipe, « Même en attaquant à 150% je n’aurais pas pu calquer ma cadence sur la leur ; j’attendais une faute... »

 

   

 

Une faute que Lewis appelait également de ses vœux, mais qui jamais ne vint… « Sur la fin j’attendais une erreur de Fernando, je savais que nous étions très rapides tous les deux, mais je ne voulais pas me retrouver dans ses turbulences. Je voulais être aussi près que possible pour le dépasser si une ouverture se présentait ; mais il ne fait que rarement des fautes ! L’équipe a fait pas en avant, je pense qu’on est maintenant devant la concurrence ! » jubile Lewis, qui monte sur son 5è podium en 5 courses, mais devra attendre le bon vouloir de son écurie – ou une faute improbable de son équipier, ou plus sûrement qu’il soit en délicatesse avec ses pneus – pour remporter sa première victoire.

 

Pour Massa, l’essentiel était de marquer des gros points, de laisser passer l’orage McLaren et d’espérer des jours meilleurs en Amérique du Nord. Cerise sur le gâteau, Felipe plie ses bagages monégasques avec 10 points de mieux que Räikkönen, qui fait de moins en moins figure de leader potentiel chez Ferrari. « Je prends pas mal de points. L’écart avec les leaders augmente mais nous allons travailler encore plus en vue des prochaines courses, en espérant revenir » assure Massa. « En début de course, Lewis était à ma portée, je le suivais facilement. Fernando lui était plus rapide. La clef de la course a été pour lui de construire une avance importante au bon moment pour être tranquille au moment des ravitaillements » résume Felipe. « Les 15 premiers tours derrière Lewis étaient assez faciles mais ensuite j’ai buté sur le trafic et des dépassements délicats. Je me suis retrouvé derrière une autre voiture pendant que Lewis s’échappait. »

De fait, l’écart entre Lewis et Felipe est passé de 2,6 secondes au 17è passage à 9,3 secondes 7 tours plus tard et après l’absorption difficile du groupe de retardataires composé de Trulli, Sato, Davidson et Sutil. Davidson écopera d’ailleurs d’une pénalité drive through pour non respect des drapeaux bleus.

 

Alonso regrettait également les écarts yoyo dus aux retardataires. « J’ai perdu beaucoup de temps derrière Trulli, j’avais 9 secondes d’avance et soudain plus que 2 ! » relate l’Espagnol. « La pression est venue de ces retardataires. »

 

Derrière le carré d’as, les deux BMW F1.07 ont effectué une course en décalé. Heidfeld avait chaussé des pneus tendres pour le premier relais, et en a profité pour bondir au 5è rang, devant Nico Rosberg. Pour Kubica la stratégie était inversée : pneus durs dans le premier relais, puis tendres en fin de course. Mais une constante liait les deux sociétaires de l’écurie alémanique : un seul pit stop. Observé au 32è tour pour Nick au 45è pour Robert. Leurs positions de grille, en retrait par rapport aux prestations de la F1.07 depuis le début de la saison, trouvaient enfin leur justification.

 

   

 

Il reste à démontrer que BMW ait profité de cette stratégie originale, basée sur l'arrivée de la pluie et/ou celle du safety car. Le soleil a brillé, tout comme la fiabilité ! BMW est pour la première fois de l'année dominée par Renault, une défaite bâtie dès les qualifications. Plusieurs concurrents ont été friands de cette tactique, principalement ceux situés dans le ventre mou du peloton. Le plus en vue d’entre eux fut Kimi Räikkönen. 16è sur la grille, le Finlandais a gagné 4 places avant le premier virage… puis a inexorablement buté sur Jenson Button. Le Britannique n’était pas dans une logique d’une course à un seul ravitaillement, mais à un premier relais très long (premier pit stop au 42è tour), tout comme Rubens Barrichello. Derrière le petit train Barrichello, Kubica, Wurz Button, puis derrière Heidfeld reparti sous son museau après son passage par les stands, Kimi a perdu un temps considérable ainsi que ses espoirs de remonter assez haut dans la hiérarchie. Il a tourné dans les 1:17 à 1:19 du premier au dernier tour du Grand-Prix, sauf lorsque la voie fut dégagée devant lui l’espace de quelques tours que le Finlandais a pu compter sur les doigts d’une main. Il a alors enchaîné une belle série (1:16.8 puis 1:16.5), pour une maigre récompense : le point de la 8è place, avant de buter sur Wurz, qui l’a fait retomber dans les 1:17/1:18.

 

Au championnat Pilotes, Alonso et Hamilton se détachent avec 33 points, soit 5 de mieux que Massa, mais surtout 15 unités devant Kimi Räikkönen, qui paie lourdement sa bévue des qualifications. Comme Massa au sortir du GP de Malaisie, Kimi est le dos au mur. Saura-t-il réagir avec la même flamboyance que son équipier ? Réponse attendue lors de la tournée nord-américaine !

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