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8 Janvier - 12:07
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Mosley dévoile le 2è étage de sa fusée F1 Low Cost

La Formule 1 n’a pas terminé sa révolution technique et financière. Amorcée en fin d’année dernière à la faveur du retrait de Honda du championnat du monde de Formule 1, elle s’intensifie avec la seconde vague de propositions de Max Mosley.

 

Max Mosley est un homme heureux. La récession apporte de l’eau au moulin du président de la FIA qui surfe sur la vague de la crise économique pour inciter les constructeurs et les écuries du championnat du monde de Formule Un à embrasser son projet de réduction massive des coûts et à approfondir leur métamorphose. Le premier étage de la fusée de la F1 low cost a été mis sur orbite avec un premier module drastique (cf notre article daté du 12 Décembre, ‘La F1 fait sa révolution !’). Mais la planète F1 du début du XXIè siècle verra prochainement une seconde orbite géostationnaire occupée par le 2è étage dont Max Mosley a dévoilé la teneur.

 

« La F1 n’était pas viable avant même le début de la crise. Les coûts ont atteint de tels sommets que nous avons eu une marge de manœuvre pendant un moment. Deuxièmement, réduire les coûts de manière substantielle sans des changements significatifs est impossible » prévient Max Mosley dans une lettre adressée aux directeurs d’écurie.

 

Mais le président de la FIA va plus loin en prenant à son compte une crise spécifique à la Formule 1 dont la révolution fera des dégâts collatéraux majeurs. « De manière inévitable, des projets spéciaux, des infrastructures et malheureusement du personnel devront quitter la discipline. Troisièmement, le fait d’avoir récemment investi dans des infrastructures onéreuses n’est pas un argument pour freiner le processus. L’argent a été dépensé, il est parti » justifie Max Mosley par une pirouette puérile et au détriment de toute logique comptable du financement d’un projet R&D qui comporte un volet ‘retour sur investissement’. A la fin du siècle dernier et jusqu’à l’année passée, la FIA avait été le catalyseur de la course aux souffleries et autres projets novateurs in vitro – par opposition à l’in vivo qui est incarné par les essais privés et les courses. En limitant de plus en plus les roulages et en enfermant les réglementations techniques dans un carcan. « Nous devons éviter de forcer les autres à dépenser les mêmes quantités d’argent afin de les garder avec nous » poursuit Mosley, « Il n’y aucun argument rationnel pour justifier l’utilisation continue en F1 de technologies onéreuses, qui n’ont aucune logique en dehors et qui sont inconnues du public. »

 

Avec la lettre de Max Mosley, la FOTA (Formula One Teams Association), qui se réunie aujourd’hui pour un ‘brain storming’ destiné à dessiner les grandes idées de la F1 du futur, aura du grain à moudre. Il lui faudra avant tout séparer le bon grain de l’ivraie dans la nouvelle moisson du président de la FIA. Le vœu de Mosley de réduire le régime moteur à 17.000 tours/min et les essais privés à 15.000 km sont certainement des mesures acceptables pour les constructeurs, mais la recherche effrénée de la standardisation et l’ingérence dans leur budget heurteront la philosophie des constructeurs qui ne peuvent pas voir les fondamentaux de la technique leur glisser des doigts. La FIA envisage en effet de fixer les budgets des écuries et réfléchit à l’introduction d’une boîte de vitesses standard conçue et assemblée par XR, qui imposerait un extracteur commun, et donc une perte de liberté d’action sur la géométrie du train arrière. « Tous les éléments restants du châssis seront soit des éléments standards soit seront figées » poursuit Mosley, « Nous souhaitons développer cette liste après concertation avec la FOTA mais il faut bien comprendre qu’elle devra comprendre des réductions massives de la R&D concernant les châssis, et donc une réduction drastique des coûts. Il faut également réduire le besoin des écuries de travailler en soufflerie, avec des simulateurs et la CFD (dynamique des fluides assistées par ordinateur). »

 

En conclusion, Max Mosley dresse le tableau de la F1 qu’il souhaite entériner avant son départ de la présidence de la FIA, « Les coûts doivent être réduit de telle manière qu’une écurie indépendante bien gérée puisse être efficace avec simplement l’argent de la FOM et un sponsoring modéré. C’est la seule manière de préserver le championnat et de permettre à de nouvelles écuries de s’inscrire pour remplacer celles qui s’en vont. La FIA ne serait pas touchée financièrement si la F1 devait disparaître, mais elle souffrirait par certains autres côtés. Dans tous les cas, nous pensons qu’il est de notre devoir de faire le nécessaire pour préserver le championnat ; pour ses compétiteurs, pour les détenteurs des droits commerciaux et pour les sports mécaniques en général. Nous sommes donc prêts à prendre des mesures radicales. »

 

L’intensité des réformes proposées par la FIA ne constitue pas pour autant une voie sans issue pour les équipes du championnat du monde de Formule 1. La Fédération Internationale de l’Automobile se dit en effet prête à laisser les dissidents créer un championnat annexe… « Nous espérons que malgré tous les changements qui doivent être faits, toutes les écuries qui font encore partie du business en 2010 entreront dans la danse. Mais comme nous l’avons déjà dit, nous sommes prêts à reconnaître une série indépendante si des écuries préfèrent suivre leur propre voie. »

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