|
L’armistice de la guerre ouverte ayant été signé par les deux belligérants, FIA et FOTA, la guerre psychologique a encore de beaux jours devant elles. L’association des écuries anciennement dissidentes a pris un malin plaisir à souligner que le nouvel accord qui la lie à la F1 a été rendu possible grâce à l’annulation pure et simple de la plupart des réformes estampillées Max Mosley et qu’elle jugeait inadmissibles – plafonnement des budgets, audit des comptes des écuries – le tout agrémenté d’un assouplissement de l’exercice du pouvoir par le Président de la FIA dont les pratiques étaient jugées dictatoriales, et enfin la garantie qu’il ne briguera pas un nouveau mandat, à l’Automne 2009.
La réponse de Max Mosley ne s’est pas faite attendre : « Etant donné votre tentative délibérée ainsi que celle de la FOTA de diriger les médias vers de fausses pistes, je considère désormais que mes positions sont à nouveaux ouvertes » expliquait Max Mosley en fin de semaine dernière, dans une lettre adressée aux écuries. Aujourd’hui, le Président de la FIA fait de la surenchère politique en révélant qu’il jouirait d’un plébiscite pour rester à la tête du corps gouvernant. Et Mosley, blessé dans son orgueil, de régler quelques comptes avec les écuries dans les colonnes du Mail, « Ils ont fait l’erreur de danser sur ma tombe avant que je sois enterré. Il n’est pas bien que les écuries publient un communiqué de presse clamant que je suis mort et enterré […] En fait, je subi des pressions d’un peu partout dans le monde pour me présenter aux élections. »
Les déclarations de Max Mosley sont un chant du cygne, les derniers coups de griffe d’un homme qui a été blessé dans sa fierté lors des 12 derniers mois et qui avait envisagé une sortie par la grande porte, façon Jean Todt ou Ron Dennis (respectivement démissionnaires de Ferrari et McLaren Mercedes lorsqu’elles régnaient sur le toit du monde du sport automobile), en sachant que la F1 jouerait sa partition lors des prochaines années, une F1 ‘made by Mosley’ en quelque sorte, comme un ministre veut laisser sa griffe et son nom dans un ministère d’état. « Je ne m’attends pas à ce que Luca [Di Montezemolo] me présente des excuses ou retire ce qu’il a dit comme il devrait le faire. Mais d’un autre côté, personne ne le prend au sérieux dans le monde du sport automobile. Il est vu comme un « Bella Figura » comme disent les Italiens. Il est président de FIAT mais la personnalité sérieuse qui dirige les affaires est Sergio Marchionne etje ne pense pas qu’il s’occupe vraiment de Luca.
Mosley prend le soin de désamorcer lui-même la bombe qu’il avait armée en poursuivant, « En fait je ne veux pas me présenter, j’ai le sentiment d’être un peu trop âgé. Lorsque j’ai commencé, j’étais suffisamment vieux pour être le père des pilotes les plus jeunes, maintenant je pourrais être leur grand-père. Même si je ne me sens pas vieux, je dois leur paraître. De ce point de vue, il faut du sang neuf. » |