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Victorieux en CART, en IMSA et aux 500 milles d’Indianapolis dans les années 80, Adrian Newey a été l’artisan du succès mondial de toutes les écuries F1 dans lesquelles il a officié depuis le début des années 90. Williams et McLaren hier, Red Bull Racing aujourd’hui, ces trois écuries ont toutes eu à se féliciter de la qualité du travail du Britannique et de sa griffe inimitable lorsqu’il s’agit de concevoir une Formule 1 gagnante. Le génie de Newey surprend ses homologues qui ont parfois recours à l’irrationnel pour expliquer leurs lacunes.
En 2010, le soupçon a continuellement plané au-dessus de la RB6 : aileron arrière et diffuseur soufflé, fond plat et appendices aérodynamiques flexibles ont été livrés en pâture à la presse comme autant de franchissement de la ligne jaune mais la Fédération Internationale de l’Automobile (FIA) n’a jamais constaté une transgression de la réglementation technique. Gérer le soupçon fait partie du quotidien des écuries dominatrices et si Newey a déjà vécu l’inconfort de la situation chez Williams et McLaren, il ne fait pas mystère du désarroi qui a été le sien cette année. « On ne s’est pas laissé distraire mais ça représentait une gêne certaine. Je dois dire que je n’ai jamais connu une saison comme celle-ci, avec un doigt accusateur insignifiant pointé sur nous dans le paddock » avoue le concepteur de la monoplace de Milton Keynes.
« C’est dommage mais la conclusion de tout ça est que ce que nous avons fait avec notre aileron avant a été constamment l’objet d’enquêtes par la presse et par la FIA. La FIA doit bien sûr l’ausculter comme elle doit le faire avec tous les paramètres sérieux – elle a trouvé que tout ce que nous avons fait était légal. »
L’un des serpents de mer que Red Bull Racing a dû combattre dans une joute aux accents mythologiques – le serpent contre le taureau ailé – concerne l’efficacité diabolique de la RB6 dans l’exercice des qualifications. Accusée de disposer de suspensions variables, la dernière création de Newey a une nouvelle fois été blanchie. « C’est un mythe ! » en rigole Newey, « Je ne suis pas certain que nos performances de la Q3 aient été très différentes de celles de la Q1 ou de la Q2. Je n’ai pas pris la peine d’étudier les statistiques mais je pense que toutes ces histoires ont démarré lorsqu’à une ou deux reprises nos pilotes ont progressé en Q3. Soudain, tout le monde a disserté sur le sujet et une théorie a été acceptée sans aucun fondement, en ne reposant sur aucune base. Parfois nous ne faisons qu’un run en pneus durs et la Q3 en pneus tendres prend donc des allures différentes. Mais la base de cette histoire n’est qu’un mythe. » |