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29 Sept - 08:18
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Officiellement, la crise ne couve pas chez Ferrari… Est-ce bien raisonnable ?

Officiellement, la crise ne couve pas chez Ferrari. L’écurie de Maranello est fidèle à son discours policé qui ne pointe jamais du doigt une individualité et qui ne doit jamais offrir de matière première aux broyeurs de la presse transalpine. Mieux, la Rossa affirme ne pas commettre plus d’erreurs que par le passé. Une monoplace rouge a pourtant été impliquée dans 3 incidents aux ravitaillements lors des 4 derniers Grand-Prix.

 

La Scuderia Ferrari a offert un triste spectacle à ses fans, hier à Singapour. Comme le soulignait Massa avec mansuétude, oui l’erreur est humaine. Le Brésilien a intelligemment été consolé le responsable de son pit stop, qui fut aussi le bourreau de ses espoirs en activant trop tôt la lumière verte libératrice.

 

Du côté de la direction de la Gestione Sportiva, on tente de faire bonne figure et de minimiser l’incident qui a pourtant changé la donne au championnat et compromis les chances de Massa de coiffer la couronne mondiale en fin de saison. Impérial en qualifications et en début de course, le Brésilien était sur une rampe de lancement pour être placé sur l’orbite de sa 6è victoire de la saison. Tel qu’il se déroulait jusqu’au 15è tour, le scénario de Singapour aurait dû permettre à Massa de repartir de Marina Bay avec le statut de leader du championnat. Il a quitté les lieux avec un déficit de 7 points sur Lewis Hamilton. Le discours officiel de Ferrari ne varie pas d’un iota : « On gagne et on perd ensemble » répète Stefano Domenicali, directeur de la Scuderia Ferrari.

 

Le directeur de la Gestione Sportiva va plus loin en affirmant « Historiquement, lors des 10 ou 12 dernières années il y a toujours eu des problèmes et statistiquement ils frappent pendant les ravitaillements. Je me souviens très bien des problèmes que nous avons eus avec Michael et Rubens. Il est donc inexact de dire que nous faisons plus d’erreurs que par le passé. »

 

Il est pourtant difficile d’imaginer pire que le triste palmarès de Ferrari depuis la reprise du championnat à Valence. En Espagne, Massa avait été libéré trop tôt et avait failli percuter Adrian Sutil. La FIA avait donné un avertissement à Ferrari en lui donnant une amende de €10.000, mais sans pénaliser le pilote. Au GP d’Europe encore, Räikkönen avait emporté avec lui le préposé au ravitaillement, Pietro Timpini. A Singapour, Felipe a été libéré trop tôt. On sait ce qu’il est advenu par la suite.

 

Oui, la Scuderia n’était pas épargnée par les impondérables et les erreurs humaines sous l’ère Jean Todt, mais Ferrari savait réagir vite et bien. Le début d’incendie qui avait enveloppé Schumacher en Autriche en 2003 n’avait pas laissé l’écurie sans réaction : dès les GP qui suivirent, une planche étanche était appliquée entre l’entrée du réservoir d’essence et les échappements brûlants du cheval cabré afin d’éviter que les vapeurs de carburant ne soit en contact avec un métal chaud susceptible de servir de détonateur. Les incidents liés au nouveau système de rampe des feux de la Scuderia Ferrari – ils remplacent l’homme à la sucette par un code couleur qui indique au pilote s’il doit rester immobile aux stands, ou s’il peut quitter son emplacement – ne sont pas rares. La logique voudrait que des mesures soient prises pour éviter la multiplication des erreurs – peu importe qu’elles aient une origine différente car la source est la même. A Singapour, l’homme chargé de libérer Massa a actionné trop vite les feux verts. Il s’est rendu compte de sa précipitation une fraction de seconde après son erreur. S’il avait tenu une sucette, il aurait pu la rabaisser et faire comprendre au Brésilien qu’il devait couper son élan – le fait s’est déjà vu.

 

« J’espère que nous remporterons notre 8è titre en 10 ans. Mais nous n’y parviendrons que si nous cessons de faire des erreurs » avait déclaré Luca Di Montezemolo en Juillet dernier. Le président du groupe Ferrari Maserati n’aura certainement pas été favorablement impressionné par la démonstration de la Scuderia à Singapour. A plus forte raison que Ferrari est la seule écurie de l’allée des stands à cumuler autant d’erreurs. Si Massa a intelligemment compris qu’il est de son intérêt d’être magnanime dans les instants douloureux – à l’instar de son mentor, Michael Schumacher, qui avait salué chacun des membres de la Scuderia lorsque son moteur et ses chances de 8è titre étaient partis en fumée à Suzuka en 2006 – il est de la responsabilité de Di Montezemolo de taper du point sur la table.

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