Pat Symonds : La R25 aussi à l’aise à Melbourne qu’à Sepang ?
Pat Symonds, directeur exécutif de l’ingénierie Renault, détaille les défis qui se présentent à Renault à l’orée de la saison 2005, au niveau pneumatiques, moteur et approche d’un Grand-Prix, tout en espérant que la R25 sera aussi compétitive à Melbourne qu’à Sepang après que les faiblesses de la R24 aient été gommées.
De quelle manière la règle qui touche aux moteurs influera-t-elle sur la gestion de ce secteur ?
PS : L’influence de la puissance moteur varie beaucoup d’un circuit à l’autre. Nous devrons donc établir précisément quelle proportion du potentiel moteur peut être utilisée à chaque moment d’un week-end de course. L’utilisation d’un V10 deviendra un secteur beaucoup plus stratégique. Nous pourrions, par exemple, en extraire moins sur une course afin de l’utiliser à 100% sur la suivante. De même, dès que les pilotes en auront la possibilité, il pourront préserver la performance de leur moteur. Ne pas pouvoir moduler cette performance correctement pourrait se traduire par des places perdues en fin de course.
Quels seront les changements dans la manière dont les équipes se prépareront ?
PS : Nous ne pourrons utiliser que deux trains de pneumatiques le vendredi. Auparavant, nous utilisions notre premier train pour travailler sur l’équilibre de la voiture, puis nous entrions dans une phase de comparaison entre les deux types de pneumatiques à notre disposition. Maintenant, il nous faudra effectuer cette comparaison avec une voiture dont l’équilibre n’est pas encore optimal… sur une piste sale ! De plus, nous devons récolter beaucoup plus d’informations que par le passé à propos des pneumatiques car nous devrons les utiliser pendant plus de 300km en course. Par conséquent, les équipes qui utiliseront une troisième voiture le vendredi auront un énorme avantage. Ils pourront apprendre la piste sans la contrainte des deux trains de pneumatiques. Les équipes de pointe ne prendront certainement pas la piste lorsqu’elle est encore très sale… et nous pourrions très bien ne voir aucune de leurs voitures sur le circuit lors de la première séance cette année.
Pensez-vous que la R25 sera compétitive sur le circuit de l’Albert Park ?
PS : Melbourne est une piste qui demande une bonne stabilité au freinage et une bonne traction pour s’extraire des virages lents. Cette dernière caractéristique était une force de notre voiture précédente et nous ne pensons pas avoir perdu cette qualité. Cependant, nous avons travaillé dur sur les points faibles de 2004 et nous espérons que la R25 sera autant à l’aise dans les virages rapides, comme à Sepang, que dans les relances de Melbourne.
Certains de vos rivaux ont identifié Renault comme leur adversaire principal pour la première course. Quel est votre point de vue ?
PS : Il est très difficile d’analyser les essais d’intersaison. Il y a en effet différentes manières d’appréhender ces séances pour chaque équipe. Chacun a ses méthodes et, même sur les simulations de course, les différences de niveaux d’essence comme de pneumatiques peuvent perturber les analyses. Tout ce que nous pouvons dire aujourd’hui, c’est que les performances semblent plus proches que ces dernières années. Comme toujours, Ferrari sera très forte. McLaren a réalisé des temps impressionnants sur un tour comme sur des relais, tandis que BAR et Williams ont montré qu’ils étaient dans le coup à certains moments.
Source : Renault F1