Nelson Philippe a remporté la première victoire de sa carrière en monoplace, le week-end dernier en Australie, à l'occasion de la pénultième manche du championnat Champ Car. Le pilote de l'Equipe de France n'a pas fait les choses à moitié en s'imposant sur le circuit de Surfers Paradise, le tracé urbain le plus exigeant de l'année, qui regorge de bosses et de pièges.
"C'est un circuit un peu fou, bordé de murs de béton, avec des enchaînements très rapides, certains assez techniques et l'omniprésence des bosses" détaille le pilote de l'écurie CTE HVM, dont le week-end avait bien débuté, sans toutefois la concrétisation espérée sur le terrain... "L'entame du week-end n'était pas la meilleure qui soit en terme de résultat brut, mais elle était prometteuse" poursuit Nelson. Mon chrono du Samedi aurait pu me permettre de viser la Pole Position provisoire jusqu'à la sortie des drapeaux rouges. Cela fait partie du jeu, mais j'étais rassénéré car je savais que j'aurais une belle carte à jouer en course si tous les éléments du puzzle se mettaient en place."
De fait, le puzzle a lentement pris forme le Dimanche. Nelson a assemblé les pièces de son jeu avec assurance et précision en piste, son écurie a fait de même dans les stands et avec les stratégies de course. En fin de course, la Lola noire pointait au deuxième rang derrière l'ex pilote F1 Antonio Pizzonia. "Mon idée était de viser le podium, mais à mi-course je me suis dit que je pouvais la gagner celle-là!" explique Nelson, "J'ai donc attaqué au maximum pour me rapprocher le plus possible de la tête de la course et être en position de profiter de la première opportunité qui se présenterait. Pizzonia ne m'inquiétait pas car je savais qu'il devait encore s'arrêter aux stands. Mon équipe m'avait prévenu par radio. J'étais donc virtuellement en tête à 10 tours de l'arrivée."
Virtuellement en tête mais pas libéré de toute pression pour autant. Une neutralisation sous drapeaux jaunes pouvait intervenir à tout instant et remettre le Brésilien en selle. Nelson remplissait les rétroviseurs du pilote RocketSports mais son capital 'push to pass' était épuisé. La délivrance intervenait lorsque l'Amazonien entrait dans la jungle des stands, à 7 tours du but. Nelson résistait alors admirablement à la pression que lui appliquait l'un des vieux briscards du Champ Car, Mario Dominguez, et franchissait la ligne d'arrivée en brillant vainqueur, donnant des couleurs aux noirs de l'écurie HVM. Le titre pour Sébastien, la victoire pour Nelson, Surfers Paradise était rebaptisée French Paradise Dimanche dernier ! "Lorsque j'étais pris en sandwich entre Pizzonia et Dominguez, j'espérais qu'ils ne jouent pas un jeu d'équipe pour me piéger ! Sur la fin, Mario a tout tenter pour me passer mais c'est sous la pression que je suis généralement le meilleur. A Montréal j'avais signé les meilleurs temps pour assurer mon deuxième podium, à Surfers Paradise je n'ai commis aucune faute. Je savais qu'une fois en tête de l'épreuve je réussirais à conserver ma place" sourit Nelson, tout heureux d'inscrire son nom sur les tablettes du Champ Car. "Gagner à Surfers Paradise est fantastique. C'est certainement le circuit en ville le plus compliqué du championnat. Cette victoire a démontré que le petit jeunot de 20 ans a du talent et réussit malgré un parcours atypique. C'est vrai, c'est ma première victoire en monoplace, mais quelle victoire !"
A Mexico City le 12 Novembre, la finale du championnat sera l'occasion pour le Français de parachever son oeuvre. "J'espère que maintenant les Français sauront qu'ils ont deux compatriotes à suivre en Champ Car ! Au Mexique, l'objectif sera d'assurer la 4è place au championnat et si possible de terminer la saison sur un podium. En attendant je vais savourer cette victoire dès mon retour à Miami. Puis ce sera la dernière phase d'entraînement de l'année. Pas question de relâcher l'effort, cette victoire ouvre l'appétit, on aura tout le temps pour se reposer une fois le championnat fini !"
Source : FFSA