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Nelson Piquet craint pour son poste de pilote titulaire Renault. Son baquet serait selon lui éjectable, histoire de faire place nette pour Romain Grosjean.
C’est paradoxalement alors qu’il a amorcé un redressement certain de son niveau de performance en course (les qualifications restent son talon d’Achille) et alors que les derniers ajustements apportés à la R28 lui permettent de faire étal de sont talent grâce à une confiance retrouvée, que Nelson Piquet doit faire face aux pires tourments psychologiques. Le Brésilien craint pour son avenir chez Renault et matérialise précisément l’origine de ses maux : un certain Romain Grosjean, 2è pilote essayeur de la marque au losange et dont le passeport Français pourrait également être une accréditation pour les grilles de départ F1 dès 2009.
« Je pense que Renault est en manque. Ça fait plusieurs années qu’elle n’a pas eu un pilote Français (NDLR : Franck Montagny fut le dernier tricolore à œuvrer pour l’écurie de F1 du constructeur automobile Français) » a déclaré le fils du triple champion du monde qui s’apprête à vivre de l’intérieur son premier Grand-Prix du Brésil. « Il y a un pilote issu du Renault Driver Development, Grosjean, qui a été assez bon en GP2. Le président de Renault met la pression. Mais au final la décision viendra de toute l’équipe, de son patron Flavio Briatore, de chacun. En ce qui me concerne, je n’ai qu’à attendre. »
Romain Grosjean a effectivement été « assez bon » en GP2 Series : en provenance de la F3 Euro Series dont il avait conquis le titre en 2007, Romain s’est octroyé le titre GP2 Asie avec autorité dès sa première année de présence dans la discipline. Sans une avalanche de problèmes divers et variés (pépins mécaniques, agression caractérisée de son ancien équipier), le Franco-Suisse aurait pu faire le doublé en GP2 Europe. Remplacer Piquet par Grosjean ne serait donc pas qu’une opération marketing mais un véritable choix sportif justifié par le potentiel de Romain qui passe pour être l’un des meilleurs représentants de la nouvelle génération de pilotes.
En 2008, Romain a participé à quelques séances d’essais privés avec Renault mais son expérience de la Formule 1 reste très limitée. Le propulser aux côtés de Fernando Alonso pourrait être hasardeux. Lewis Hamilton a bien démontré que le double champion du monde Espagnol n’était pas indéboulonnable mais Renault sera-t-elle prête à risquer de déstabiliser Alonso, et donc son quotidien ? Probablement pas. Fernando n’est pas disposé à renoncer à son statut de numéro 1. En enfilant officiellement la combinaison du numéro 2 de Renault, Romain aurait l’opportunité de faire ses gammes sans que la pression du résultat soit immédiate et de prendre en marche le train de la révolution technique (retour des pneus slicks, coupe claire dans l’aérodynamique, introduction du KERS). Il serait alors aguerri aux us et coutumes de son employeur et au maniement d’une F1 et serait potentiellement un numéro 1 lorsque le nouveau contrat d’Alonso arrivera à son terme - l'Espagnol a tergiversé pour tenter d'arracher un engagement d'une seule année renouvelable. L’avenir de Romain est entre les mains de Renault. Pour l’heure il ne semble pas se diriger vers une seconde année en GP2 : il était absent des essais de Jerez de la Frontera… |