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McLaren Mercedes n’a pas encore déterminé quel sera l’équipier de Lewis Hamilton en 2008. Et comme son ancien employé Fernando Alonso, l’écurie de Woking affirme ne pas être pressée. Le temps de la réflexion est un luxe que peut se permettre une écurie ou un pilote de pointe, toujours très courtisé(e), mais il est aussi immanquablement le témoin d’une divergence de point de vue entre les deux parties d’une négociation. Il est aussi la preuve qu’un choix ne s’impose pas de lui-même – rappelons que McLaren Mercedes avait embauché Montoya puis Alonso un an avant qu’ils ne deviennent les archers officiels des flèches d’argent…
« Nous n’avons pas encore défini qui il sera » a avoué Ron Dennis au quotidien El tiempo en évoquant l’identité du remplaçant d’Alonso et en ne divulguant qu’un nom, celui du pilote essayeur officiel de l’écurie. « Il se pourrait que ce soit Pedro De La Rosa. Il y a beaucoup d’options et je ne peux pas donner de nom. La seule chose que je sais est que nous ne sommes pas pressés. Nous travaillons avec Hamilton. Une fois que nous aurons défini le nom de son équipier, nous commencerons à travailler avec lui. »
De La Rosa est l’option la plus sécurisante pour McLaren Mercedes, mais la moins séduisante pour l’image d’une écurie de pointe, comme nous avons déjà eu l’occasion de le détailler en nous faisant l’échos de la candidature du Catalan dans ces colonnes.
Hormis De La Rosa – une pseudo révélation, mettre un pilote maison en première ligne de la succession d'Alonso ne coûte rien à Ron, et première ligne ne veut pas dire pole position... – Dennis n’a nul besoin de donner de nom. Dans le grand poker menteur des transferts, les cartes qu’il a entre les mains sont complémentaires de celles du couple Alonso/Renault. Si l’Espagnol fait un crochet par Milton Keynes (Red Bull Racing) ou Cologne (Toyota) plutôt que par Enstone (Renault), l’écurie au losange sera ravie d’aligner un tandem Piquet/Kovalainen qui aura fier allure.
Si le double champion du monde Espagnol consent à s’enchaîner au losange pour un minimum de 2 ans, Kovalainen sera, sur le papier, un candidat tout désigné pour McLaren et Mercedes – jeune et rapide, un Finlandais pour perpétuer la tradition de Woking. Dans les faits, les relations entre McLaren et Renault sont électriques et il faudra attendre que les foudres de la FIA aient frappé Renault (le Conseil Mondial devant statuer sur l’affaire de détention de secrets industriels McLaren par Renault se tiendra le 6 Décembre) pour voir si le ciel des négociations entre les deux écuries s’assombrit ou se dégage. D’où les temporisations observées dans les pourparlers d’Alonso d’un côté, de McLaren de l’autre. Les deux parties se sont séparées mais l’avenir du second est en partie tributaire de celui du premier. Lorsque l’avenir d’Alonso sera défini, celui de Woking suivra sans tarder.
Kovalainen a le sérieux inconvénient d’être un poulain de Flavio Briatore. Le dernier à être passé du côté de Woking est parti après avoir ouvert des blessures qui mettront du temps à cicatriser. D’où l’intérêt pour McLaren Mercedes de conserver dans sa manche le joker De La Rosa – Pedro ne fera pas d’ombre à Hamilton, ne lui prendra pas de précieux points au championnat qui peuvent s’avérer décisifs dans le décompte final comme l’a démontré l’issue du championnat 2007, et ne fera jamais rien pour nuire à l’image de l’entreprise. De La Rosa n’est pas le premier choix de Mercedes, sans quoi le Catalan aurait été intronisé au poste de pilote de course depuis belle lurette. S’il pouvait sortir du giron Briatore, Kovalainen renforcerait probablement sa candidature. Mais l’hypothèse ne serait envisageable qu’à la condition que Heikki ne reste pas en place chez Renault. On l’a dit : Alonso détient les clefs des transferts et peut ironiquement encore exercer une pression sur McLaren Mercedes. |